Du terrorisme à la répression
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Bendjelloul est arrêté et interné dans un immeuble d’Oued Zenati,
mais pendant la nuit suivante il tente, selon la version officielle, de
s’évader ; la sentinelle de garde le surprend au moment où il est en train
de franchir la balustrade de sa chambre. Des sommations, auxquelles il
ne répond pas... La sentinelle tire, Allaoua Bendjelloul tombe sur le
trottoir. Il meurt à l’infirmerie du bataillon où il a été transporté.
Le sous-préfet, directeur de cabinet de Maurice Papon qui est alors
en poste à Constantine, écrit au ministre résidant, le 16 avril 1956 : « Je1
vous confirme que le Juge de Paix d’Oued Zenati a ouvert une enquête
sur cette affaire. » On avait certainement relevé des indices assez troublants pour que le ministre résidant lui-même ait voulu en savoir davantage. Les gendarmes ouvrirent une enquête, mais on n’entendit plus
parler de l’affaire Allaoua Bendjelloul qui ajouta un élément à la chroniqqe des morts mystérieuses.
La note suivante31 est signée de M. G. Coutry, « pour le préfet Directeur de la Sûreté nationale en Algérie », et porte l’en-tête de la sousdirection des « Services actifs de police », 4 juillet 1956. Le destinataire
en est « Monsieur le Directeur des Cabinets Civil & Militaire — À
l’attention de M. Peccoud » — M. Jean Peccoud est le directeur de la
Sûreté, nommé par Robert Lacoste :
Vous avez bien voulu me communiquer la lettre de Maître prea, du barreau
d’Alger, concernant M. mahdid Mohamed, ayant demeuré dans une zone interdite, près de Texenna (Djidjelli).
J’ai l’honneur de vous faire connaître que l’intéressé a été abattu au cours
d’une perquisition à son domicile par les forces de l’ordre.
Le rapport n° 401/QS du 26 Mai 1956 du Commandant du 28e Bataillon de
Chasseurs Algériens mentionne que la sentinelle qui surveillait mahdid Mohamed « s’est crue menacée par un geste du prévenu et a fait feu ».
Le prévenu a été tué. Le corps a été laissé sur place dans le domicile. Sa
voiture a été rangée dans son garage.
mahdid a été inhumé le 3 juin 1956 à Texenna par les soins de sa famille
qui n’ignorait pas les circonstances de sa mort, avant de s’adresser à Me prea.
Le décès de l’intéressé a été déclaré à la Mairie de Texenna, Centre Municipal
de Rekkada Metletine par le nommé mahdid Ali ben Salah, âgé de 74 ans.
L’inhumation a été autorisée par l’Officier des Affaires Algériennes de
Texenna.
« Heureuse » famille algérienne qui a les moyens de se faire assister
par un avocat, et curieux pays que l’on dit acharné à fouler au pied
toutes les libertés, mais où on laisse les avocats des parents des victimes
exercer leur métier et intervenir auprès des autorités constituées qui se
saisissent du dossier...
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