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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Le refuge marocain améliore les chances des rebelles :
Plusieurs bandes d’une centaine d’hommes, recrutés en partie au Maroc,
sont implantées autour de Géryville.
L’insécurité gagne le secteur de Laghouat.
Sombre tableau de l’Algérie en ce début de l’été 1956...
Comment l’armée dissimule ses mauvais coups
Du côté des forces de l’ordre, les méthodes de dissimulation des
mauvais coups se perfectionnent. Après les alibis des disparitions
« inexpliquées », les prétendues évasions des détenus abattus dans leur
fuite, dont nous donnions des exemples à propos de l’assassinat du
commissaire Sammarcelli à Constantine, prennent place dans le petit
lexique des amateurs de la gâchette facile... en quête de couverture. Il
y aura des exemples plus connus que celui-ci, mais ces informations
extraites des archives30 ont le mérite de montrer que les versions des
gardiens qui s’étaient vus dans « l’obligation » de tirer sur celui ou ceux
qui venaient de leur fausser compagnie étaient parfois susceptibles de
poser question à leurs destinataires. Et de déclencher une enquête au
plus haut niveau. Plus encore lorsque le ou les gardiens s’étai(en)t
cru(s) « menacé(s) » par les personnes interpellées.
Au mois d’avril 1956, un dossier de plus arrive sur le bureau de
Robert Lacoste... Une enquête a été diligentée à sa demande sur une
affaire qui lui a été signalée. La mort de M. Allaoua Bendjelloul, pharmacien à Oued Zenati. On pourra s’étonner que le ministre résidant
s’intéresse à des cas aussi particuliers, et peu importants à l’échelle des
drames qu’engendre la guerre d’Algérie, mais c’est ainsi, et cela se
reproduira plus d’une fois à propos des disparitions « inexpliquées » et
des « évasions » qui se terminent mal. Car le tout-puissant proconsul
n’a pas perdu tous les réflexes du militant socialiste et de l’ancien résistant. Le drame Bendjelloul a fait l’objet de minutieuses investigations
du capitaine Lamouliatte, commandant le « II/18e RIPC et le sous-secteur de Oued Zenati du secteur de Chateaudun », qui adresse le 15 avril
un rapport au général Noiret, commandant la division de Constantine.
Contacté par un officier du sous-secteur pour céder deux ou trois
pièces inoccupées de son appartement afin de loger du personnel militaire, Allaoua Bendjelloul refuse dans un premier temps, tergiverse, et
finit par accepter. Pendant le déménagement du mobilier dans l’appartement, on découvre dans une pièce un petit arsenal d’armes et de
munitions.
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
Le refuge marocain améliore les chances des rebelles :
Plusieurs bandes d’une centaine d’hommes, recrutés en partie au Maroc,
sont implantées autour de Géryville.
L’insécurité gagne le secteur de Laghouat.
Sombre tableau de l’Algérie en ce début de l’été 1956...
Comment l’armée dissimule ses mauvais coups
Du côté des forces de l’ordre, les méthodes de dissimulation des
mauvais coups se perfectionnent. Après les alibis des disparitions
« inexpliquées », les prétendues évasions des détenus abattus dans leur
fuite, dont nous donnions des exemples à propos de l’assassinat du
commissaire Sammarcelli à Constantine, prennent place dans le petit
lexique des amateurs de la gâchette facile... en quête de couverture. Il
y aura des exemples plus connus que celui-ci, mais ces informations
extraites des archives30 ont le mérite de montrer que les versions des
gardiens qui s’étaient vus dans « l’obligation » de tirer sur celui ou ceux
qui venaient de leur fausser compagnie étaient parfois susceptibles de
poser question à leurs destinataires. Et de déclencher une enquête au
plus haut niveau. Plus encore lorsque le ou les gardiens s’étai(en)t
cru(s) « menacé(s) » par les personnes interpellées.
Au mois d’avril 1956, un dossier de plus arrive sur le bureau de
Robert Lacoste... Une enquête a été diligentée à sa demande sur une
affaire qui lui a été signalée. La mort de M. Allaoua Bendjelloul, pharmacien à Oued Zenati. On pourra s’étonner que le ministre résidant
s’intéresse à des cas aussi particuliers, et peu importants à l’échelle des
drames qu’engendre la guerre d’Algérie, mais c’est ainsi, et cela se
reproduira plus d’une fois à propos des disparitions « inexpliquées » et
des « évasions » qui se terminent mal. Car le tout-puissant proconsul
n’a pas perdu tous les réflexes du militant socialiste et de l’ancien résistant. Le drame Bendjelloul a fait l’objet de minutieuses investigations
du capitaine Lamouliatte, commandant le « II/18e RIPC et le sous-secteur de Oued Zenati du secteur de Chateaudun », qui adresse le 15 avril
un rapport au général Noiret, commandant la division de Constantine.
Contacté par un officier du sous-secteur pour céder deux ou trois
pièces inoccupées de son appartement afin de loger du personnel militaire, Allaoua Bendjelloul refuse dans un premier temps, tergiverse, et
finit par accepter. Pendant le déménagement du mobilier dans l’appartement, on découvre dans une pièce un petit arsenal d’armes et de
munitions.
