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Le livre noir de la guerre d’ Algérie
À la réception de la note, M. Peccoud s’adresse à son tour à M. Parsi,
qui appartient également au cabinet du ministre résidant :
Je te transmets une note de Me prea [elle ne figure pas au dossier] et le
résultat de l’enquête des RG [c’est du moins ce que nous pouvons lire sur le
texte manuscrit], que je viens de recevoir à ce sujet. Cette affaire me paraît
bizarre et je pense qu’elle pourrait être examinée de plus près par tes soins.
M. Parsi porte alors l’affaire directement auprès de Robert Lacoste :
Note pour Monsieur le Ministre,
Peccoud me transmet la note ci-jointe émanant de la Division de la Sûreté
concernant Mahdid Mohamed, industriel à Texenna, abattu au cours d’une
perquisition à son domicile par les forces de l’ordre.
Il souhaiterait que la mission mixte [cf. infra, « le haut commandement
s'explique »] se rende sur place, pour examiner de plus près cette affaire.
L’événement ayant eu lieu dans le secteur placé sous l’autorité directe du
colonel Leponnet, votre déplacement me paraît peu souhaitable.
Puis on apprend que ce n’est pas la première fois que Robert Lacoste
se déplace personnellement pour vérifier les faits flagrants ou douteux
qui lui sont signalés :
Je note toutefois que les renseignements recueillis au cours de votre mission
à Djidjelli se trouvent une fois de plus confirmés.
Il est facile de dire que la sentinelle qui surveillait Mahdid Mohamed s’est
crue menacée par un geste du prévenu et a fait feu.
Il est difficile, je l’admets, de mettre en doute a priori l’argumentation du
commandant du 28e Bataillon de Chasseurs, responsable en l’occurrence.
Mais il ne s’agit malheureusement pas là d’un cas exceptionnel et isolé
[souligné par nous], et ce qui m’inquiète, c’est la fréquence de tels actes
d’exécutions sommaires dans ce secteur.
Je rappelle simplement que j’ai eu l’occasion d’interroger un garde champêtre, ancien sergent, médaillé militaire, actuellement hospitalisé à Djidjelli,
lequel affirme que dans la nuit de la fête du Ramadan, son beau-frère Bouchaïr
Tahar et trois de ses voisins avaient été fusillés, sans autre forme de procès, à
proximité précisément de l’école de Texenna.
Cette déclaration a été confirmée par l’Agha [nom illisible], chef du douar.
Il semble donc que l’unité en cause soit coutumière du fait.
Si la responsabilité du colonel Leponnet ne nous paraît pas en l’occurrence
engagée, il conviendrait peut-être de remplacer l’unité placée sous ses ordres.
Mais qu’est-il advenu de la note de M. Parsi ?
Le livre noir de la guerre d’ Algérie
À la réception de la note, M. Peccoud s’adresse à son tour à M. Parsi,
qui appartient également au cabinet du ministre résidant :
Je te transmets une note de Me prea [elle ne figure pas au dossier] et le
résultat de l’enquête des RG [c’est du moins ce que nous pouvons lire sur le
texte manuscrit], que je viens de recevoir à ce sujet. Cette affaire me paraît
bizarre et je pense qu’elle pourrait être examinée de plus près par tes soins.
M. Parsi porte alors l’affaire directement auprès de Robert Lacoste :
Note pour Monsieur le Ministre,
Peccoud me transmet la note ci-jointe émanant de la Division de la Sûreté
concernant Mahdid Mohamed, industriel à Texenna, abattu au cours d’une
perquisition à son domicile par les forces de l’ordre.
Il souhaiterait que la mission mixte [cf. infra, « le haut commandement
s'explique »] se rende sur place, pour examiner de plus près cette affaire.
L’événement ayant eu lieu dans le secteur placé sous l’autorité directe du
colonel Leponnet, votre déplacement me paraît peu souhaitable.
Puis on apprend que ce n’est pas la première fois que Robert Lacoste
se déplace personnellement pour vérifier les faits flagrants ou douteux
qui lui sont signalés :
Je note toutefois que les renseignements recueillis au cours de votre mission
à Djidjelli se trouvent une fois de plus confirmés.
Il est facile de dire que la sentinelle qui surveillait Mahdid Mohamed s’est
crue menacée par un geste du prévenu et a fait feu.
Il est difficile, je l’admets, de mettre en doute a priori l’argumentation du
commandant du 28e Bataillon de Chasseurs, responsable en l’occurrence.
Mais il ne s’agit malheureusement pas là d’un cas exceptionnel et isolé
[souligné par nous], et ce qui m’inquiète, c’est la fréquence de tels actes
d’exécutions sommaires dans ce secteur.
Je rappelle simplement que j’ai eu l’occasion d’interroger un garde champêtre, ancien sergent, médaillé militaire, actuellement hospitalisé à Djidjelli,
lequel affirme que dans la nuit de la fête du Ramadan, son beau-frère Bouchaïr
Tahar et trois de ses voisins avaient été fusillés, sans autre forme de procès, à
proximité précisément de l’école de Texenna.
Cette déclaration a été confirmée par l’Agha [nom illisible], chef du douar.
Il semble donc que l’unité en cause soit coutumière du fait.
Si la responsabilité du colonel Leponnet ne nous paraît pas en l’occurrence
engagée, il conviendrait peut-être de remplacer l’unité placée sous ses ordres.
Mais qu’est-il advenu de la note de M. Parsi ?
