L'arbre porte-hélice tribord a cassé et l'hélice vient buter contre le gouvernail. La Calypso tourne
en rond.
— Oui, l’arbre est cassé, annonce Albert Falco, mais l’hélice est
encore là. Elle a reculé et elle bute sur le gouvernail. Impossible de rester
dans cette situation. Il faut envoyer des plongeurs pour déplacer l’hélice.
Christian Bonnici et Raymond Coll s’équipent à leur tour et descendent
sous la coque avec Falco. La cage antirequins qui a servi hier se trouve
encore sur la plage arrière : nous l’immergeons. Elle pourra servir d’abri
aux plongeurs, mais elle leur fournira également l’éclairage de ses deux
lampes puissantes.
Pourtant je n’aime pas savoir les trois hommes engagés ainsi dans un
travail qui absorbe toute leur attention. Ils sont trop bien éclairés par les
projecteurs, tandis que tout autour d’eux, dans les ténèbres, tous les
requins doivent être en alerte.
Avec d’extrêmes précautions les plongeurs arriment l’hélice de bronze
qui pèse 200 kg et qui est en équilibre instable. En dessous d’eux il y a
4 000 mètres de profondeur. La perte de cette hélice entraînerait de graves
et coûteux retards dans le programme de la Calypso.
En 40 minutes d’efforts efficaces les plongeurs la font avancer jusqu’à
l’entrée de la chaise avant, y engagent l’arbre et le poussent à mi-chemin.
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