APPENDICE III 273
Nombre de noms vernaculaires francisés sont tirés des termes anglais
ou américains. C’est ici que les vraies difficultés commencent. Par extension
de l’anglais « Butterfly Fish », les plongeurs et les touristes sous-marins
appellent « poisson papillon » tout ce qui brille et s’agite dans les eaux
ensoleillées : aussi bien les Chaetodons, si nombreux et si variés, que les
Pomacentridés et même un extraordinaire poisson à museau pointu qui fait
l’admiration des visiteurs de la mer : Forcipiger longirostris (un Chaetodontidé). Celui-là mériterait bien qu’on lui invente un nom commun... Mais
pourquoi pas Forcipiger ? me souffle un ami ichthyologiste. Tout simplement
parce qu’il faut que le public consente à l’apprendre. C’est lui finalement qui
décidera.
A cause de ses rayures formant des galons, un Pomacentridé, Abudefduf
saxatilis linné a été baptisé « Sergeant Major » en anglais, mais nous n’avons
peut-être pas les mêmes raisons militaires d’adopter ce nom. Pour nous,
Sergent major évoque plutôt une plume ! Tant il est difficile de créer un
vocabulaire international.
Le vocabulaire n’est pas plus clair dans le secteur des « poissons anges »,
traduction de l’anglais « Angel fish ». Le nom paraît s’appliquer aux Platax,
mais il faut se souvenir que Le Danois distinguait un « Ange noir du Brésil »
qui est Pomacanthus arcuatus et un « Ange bleu » qui est Holacanthus
ciliaris. Observation faite aussi qu’en français un « Ange de mer » est un
Sélacien, voisin des raies et guitares.
Le Stegaste à pois bleus, d’une grande beauté, est simplement une perche
de mer (exactement un Abudefduf), mais devient dans le souvenir des
plongeurs, le joyau inoubliable de certains petits fonds. Les Américains
l’appellent « Donzelle », ne vaudrait-il pas mieux, comme on le fait aux
Caraïbes, le nommer « poisson-diamant » ?
Aux habitants innombrables, colorés et remuants, qui vivent dans les
cavités et les couloirs du récif et qu’on ne trouve nulle part ailleurs, il faut
ajouter d’autres poissons sédentaires, tout aussi fréquents dans bien d’autres
mers : la murène, le mérou et, bien entendu, les requins non pélagiques.
En 1835, Charles Darwin a visité à bord du Beagle certaines des
îles de l’océan Indien dont les plongeurs de la Calypso ont exploré les fonds.
Il dit dans son journal : « J’ai employé ma journée à examiner la structure
extraordinaire de ces îles. Dans certaines cavités il y avait de merveilleux
poissons verts et d’autres de toutes couleurs. Les formes et les teintes de beaucoup de zoophytes étaient admirables. »
Le problème des couleurs arborées par les êtres vivants du récif nest
toujours pas résolu. Equipés de scaphandres, de caméras, de soucoupes
plongeantes, les observateurs de la Calypso ont pénétré dans ce monde que
Nombre de noms vernaculaires francisés sont tirés des termes anglais
ou américains. C’est ici que les vraies difficultés commencent. Par extension
de l’anglais « Butterfly Fish », les plongeurs et les touristes sous-marins
appellent « poisson papillon » tout ce qui brille et s’agite dans les eaux
ensoleillées : aussi bien les Chaetodons, si nombreux et si variés, que les
Pomacentridés et même un extraordinaire poisson à museau pointu qui fait
l’admiration des visiteurs de la mer : Forcipiger longirostris (un Chaetodontidé). Celui-là mériterait bien qu’on lui invente un nom commun... Mais
pourquoi pas Forcipiger ? me souffle un ami ichthyologiste. Tout simplement
parce qu’il faut que le public consente à l’apprendre. C’est lui finalement qui
décidera.
A cause de ses rayures formant des galons, un Pomacentridé, Abudefduf
saxatilis linné a été baptisé « Sergeant Major » en anglais, mais nous n’avons
peut-être pas les mêmes raisons militaires d’adopter ce nom. Pour nous,
Sergent major évoque plutôt une plume ! Tant il est difficile de créer un
vocabulaire international.
Le vocabulaire n’est pas plus clair dans le secteur des « poissons anges »,
traduction de l’anglais « Angel fish ». Le nom paraît s’appliquer aux Platax,
mais il faut se souvenir que Le Danois distinguait un « Ange noir du Brésil »
qui est Pomacanthus arcuatus et un « Ange bleu » qui est Holacanthus
ciliaris. Observation faite aussi qu’en français un « Ange de mer » est un
Sélacien, voisin des raies et guitares.
Le Stegaste à pois bleus, d’une grande beauté, est simplement une perche
de mer (exactement un Abudefduf), mais devient dans le souvenir des
plongeurs, le joyau inoubliable de certains petits fonds. Les Américains
l’appellent « Donzelle », ne vaudrait-il pas mieux, comme on le fait aux
Caraïbes, le nommer « poisson-diamant » ?
Aux habitants innombrables, colorés et remuants, qui vivent dans les
cavités et les couloirs du récif et qu’on ne trouve nulle part ailleurs, il faut
ajouter d’autres poissons sédentaires, tout aussi fréquents dans bien d’autres
mers : la murène, le mérou et, bien entendu, les requins non pélagiques.
En 1835, Charles Darwin a visité à bord du Beagle certaines des
îles de l’océan Indien dont les plongeurs de la Calypso ont exploré les fonds.
Il dit dans son journal : « J’ai employé ma journée à examiner la structure
extraordinaire de ces îles. Dans certaines cavités il y avait de merveilleux
poissons verts et d’autres de toutes couleurs. Les formes et les teintes de beaucoup de zoophytes étaient admirables. »
Le problème des couleurs arborées par les êtres vivants du récif nest
toujours pas résolu. Equipés de scaphandres, de caméras, de soucoupes
plongeantes, les observateurs de la Calypso ont pénétré dans ce monde que
