272 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
l’abondance et les coloris de ces poissons, leur ont donné des surnoms très
peu scientifiques. Ce vocabulaire, souvent issu de plusieurs langues étrangères, prête dangereusement à confusion. On ne saurait toutefois, me semblet-il, le proscrire totalement.
Les poissons ont été décrits et nommés dès avant le xvme siècle. Les
noms scientifiques qui, de nos jours encore, permettent de les désigner avec
exactitude nous viennent de Linné, de Cuvier, de Valenciennes, de Bleeker,
de Quoy et Gaimard (1), de Lesson, etc. Ces noms sont indispensables aux
spécialistes, mais les rapports de l’homme et de la mer, dont le langage est
le reflet, ont changé depuis vingt ans. Ce sont maintenant des dizaines de
milliers de promeneurs sous-marins qui contemplent dans leur élément les
poissons et les animaux fixés. Ils souhaitent désigner ce qu’ils voient, en parler
entre eux... Certains noms scientifiques de poissons sont certes entrés dans
le langage : le Labre, l’Albacore, le Tilapia... Mais une mémoire rétive aux
désinences latines ne s’encombre pas volontiers de mots jugés trop difficiles.
D’où l’emploi de noms communs forgés au hasard des plongées.
Encore faut-il qu’il n’y ait pas trop de confusion dans cette œuvre
linguistique collective et anonyme. Voici quelques noms communs qui nous
paraissent acquis et dont nous nous servons dans le récit des croisières de
la Calypso.
« Poisson perroquet » ou « poisson bosse » sont universellement
employés pour désigner ces mangeurs de corail qui sont en fait des Scaridés :
Scarus et Pseudoscarus.
« Poisson chirurgien » est une appellation commune pour les Acanthuridés qui vivent en groupe et portent une sorte de scalpel de chaque côté
du pédicule caudal.
On peut admettre encore « poisson trompette » pour certains Aulostomidés, « poisson grogneur » pour les Haemulidés qui vivent en bandes,
« poisson coffre » pour l’Ostracion et même « hérisson de mer » pour le
Diodon, bien que son nom et celui du Tetraodon soient bien faciles à retenir.
« Coffre cornu » est d’un emploi plus aisé que Lactophrys biscupis. Il
est vrai qu’on l’appelle aussi « vache de mer », à cause de ses cornes, mais
ce serait une bien petite vache.
Quant au Pterois, le plongeur aura intérêt à retenir son nom et surtout
à le distinguer dans son environnement de coraux en raison du danger qu’il
peut présenter.
(1) Quoy et Gaimard, médecin et pharmacien de la Marine française au XIXe siècle, ont participé aux grandes croisières scientifiques de l’époque. Ils ont découvert et déterminé un nom re
impressionnant d’animaux marins des mers coralliennes. Le nombre de Lessiona, de Gaimar i
est élevé dans la littérature zoologique.
l’abondance et les coloris de ces poissons, leur ont donné des surnoms très
peu scientifiques. Ce vocabulaire, souvent issu de plusieurs langues étrangères, prête dangereusement à confusion. On ne saurait toutefois, me semblet-il, le proscrire totalement.
Les poissons ont été décrits et nommés dès avant le xvme siècle. Les
noms scientifiques qui, de nos jours encore, permettent de les désigner avec
exactitude nous viennent de Linné, de Cuvier, de Valenciennes, de Bleeker,
de Quoy et Gaimard (1), de Lesson, etc. Ces noms sont indispensables aux
spécialistes, mais les rapports de l’homme et de la mer, dont le langage est
le reflet, ont changé depuis vingt ans. Ce sont maintenant des dizaines de
milliers de promeneurs sous-marins qui contemplent dans leur élément les
poissons et les animaux fixés. Ils souhaitent désigner ce qu’ils voient, en parler
entre eux... Certains noms scientifiques de poissons sont certes entrés dans
le langage : le Labre, l’Albacore, le Tilapia... Mais une mémoire rétive aux
désinences latines ne s’encombre pas volontiers de mots jugés trop difficiles.
D’où l’emploi de noms communs forgés au hasard des plongées.
Encore faut-il qu’il n’y ait pas trop de confusion dans cette œuvre
linguistique collective et anonyme. Voici quelques noms communs qui nous
paraissent acquis et dont nous nous servons dans le récit des croisières de
la Calypso.
« Poisson perroquet » ou « poisson bosse » sont universellement
employés pour désigner ces mangeurs de corail qui sont en fait des Scaridés :
Scarus et Pseudoscarus.
« Poisson chirurgien » est une appellation commune pour les Acanthuridés qui vivent en groupe et portent une sorte de scalpel de chaque côté
du pédicule caudal.
On peut admettre encore « poisson trompette » pour certains Aulostomidés, « poisson grogneur » pour les Haemulidés qui vivent en bandes,
« poisson coffre » pour l’Ostracion et même « hérisson de mer » pour le
Diodon, bien que son nom et celui du Tetraodon soient bien faciles à retenir.
« Coffre cornu » est d’un emploi plus aisé que Lactophrys biscupis. Il
est vrai qu’on l’appelle aussi « vache de mer », à cause de ses cornes, mais
ce serait une bien petite vache.
Quant au Pterois, le plongeur aura intérêt à retenir son nom et surtout
à le distinguer dans son environnement de coraux en raison du danger qu’il
peut présenter.
(1) Quoy et Gaimard, médecin et pharmacien de la Marine française au XIXe siècle, ont participé aux grandes croisières scientifiques de l’époque. Ils ont découvert et déterminé un nom re
impressionnant d’animaux marins des mers coralliennes. Le nombre de Lessiona, de Gaimar i
est élevé dans la littérature zoologique.
