FLOSSIE ET GEORGETTE 219
ne gouverne plus . 1 hélice et le bout de l’arbre ont reculé et viennent buter
sur le gouvernail. C est toujours le même incident mécanique qui nous arrive.
La tâche consiste à mettre en place l’arbre porte-hélice, après quoi, nous
tenterons de gagner Tuléar sur un seul moteur.
Nos camarades installent un rappel de poulie et de fils d’acier sur
l’arrière. Ils le passent autour de l’arbre, virent dessus et remettent l’arbre en
place. La manœuvre n’est pas très compliquée, mais avec un vent aussi fort
et une mer aussi dure, l’arrière de la Calypso monte et descend brutalement.
Les plongeurs doivent s’accrocher à l’arbre, au bateau, suivre en souplesse
tous les mouvements de la mer, tandis qu’ils travaillent. Leurs tympans
sont mis à douloureuse épreuve et ils sont parfois poussés brutalement contre
la coque.
J’ai demandé qu’on filme toute l’opération avec la caméra de télévision
et cette tâche-là non plus n’est pas facile. Raymond, Bonnici et Chauvelin,
en deux heures de travail épuisant, réussissent à maîtriser l’arbre et à dégager
le gouvernail. Une pluie battante ne cesse de tomber.
Nous partons enfin pour Tuléar à 6 nœuds. Le cyclone « Georgette »
nous court après et nous n’allons pas plus vite que lui. C’est avec soulagement que nous entrons en rade et je prends toutes les précautions possibles
pour que la Calypso résiste au cyclone qui n’est pas encore sur nous.
Pas question de réparer ici notre arbre brisé, mais je voudrais bien
que nous nous débarrassions au moins de l’hélice qui risque de freiner la
Calypso. Nous allons tenter de la sortir par les moyens du bord. Mais l’eau
est très trouble, le temps presse, nous n’y arrivons pas.
Le vent force toujours. « 'Georgette » cette fois-ci arrive. J’établis un
plan de mouillage solide : une ancre à jas empennelée sur l’ancre qui est
à poste. L’empennelage consiste à mouiller ensemble deux ancres d’inégale
grosseur pour éviter de chasser, la plus petite étant placée en avant de la
grosse et amarrée à celle-ci.
Le cyclone arrive si brusquement sur Tuléar que la Calypso est obligée
de changer de mouillage en laissant une partie de l’équipage à terre. Mais
le mouillage prévu tient le coup sous les pires sautes de vent.
Le 27 janvier on enregistre des rafales de 80 nœuds. Le bateau est
« sablé » à l’eau. Il y a tellement d’eau dans ce vent furieux qu’elle agit
comme un corps dur et décape la peinture. L’antenne radio est arrachée.
Dans le port, les barges qui servent au déchargement des cargos
rompant leurs amarres filent vers le large et risquent au passage de défoncer
la Calypso.
Mon fils Jean-Michel qui est à terre pour assurer notre ravitaillement
n’a pas eu le temps de rallier le bord et il est resté à Tuléar : il est témoin
ne gouverne plus . 1 hélice et le bout de l’arbre ont reculé et viennent buter
sur le gouvernail. C est toujours le même incident mécanique qui nous arrive.
La tâche consiste à mettre en place l’arbre porte-hélice, après quoi, nous
tenterons de gagner Tuléar sur un seul moteur.
Nos camarades installent un rappel de poulie et de fils d’acier sur
l’arrière. Ils le passent autour de l’arbre, virent dessus et remettent l’arbre en
place. La manœuvre n’est pas très compliquée, mais avec un vent aussi fort
et une mer aussi dure, l’arrière de la Calypso monte et descend brutalement.
Les plongeurs doivent s’accrocher à l’arbre, au bateau, suivre en souplesse
tous les mouvements de la mer, tandis qu’ils travaillent. Leurs tympans
sont mis à douloureuse épreuve et ils sont parfois poussés brutalement contre
la coque.
J’ai demandé qu’on filme toute l’opération avec la caméra de télévision
et cette tâche-là non plus n’est pas facile. Raymond, Bonnici et Chauvelin,
en deux heures de travail épuisant, réussissent à maîtriser l’arbre et à dégager
le gouvernail. Une pluie battante ne cesse de tomber.
Nous partons enfin pour Tuléar à 6 nœuds. Le cyclone « Georgette »
nous court après et nous n’allons pas plus vite que lui. C’est avec soulagement que nous entrons en rade et je prends toutes les précautions possibles
pour que la Calypso résiste au cyclone qui n’est pas encore sur nous.
Pas question de réparer ici notre arbre brisé, mais je voudrais bien
que nous nous débarrassions au moins de l’hélice qui risque de freiner la
Calypso. Nous allons tenter de la sortir par les moyens du bord. Mais l’eau
est très trouble, le temps presse, nous n’y arrivons pas.
Le vent force toujours. « 'Georgette » cette fois-ci arrive. J’établis un
plan de mouillage solide : une ancre à jas empennelée sur l’ancre qui est
à poste. L’empennelage consiste à mouiller ensemble deux ancres d’inégale
grosseur pour éviter de chasser, la plus petite étant placée en avant de la
grosse et amarrée à celle-ci.
Le cyclone arrive si brusquement sur Tuléar que la Calypso est obligée
de changer de mouillage en laissant une partie de l’équipage à terre. Mais
le mouillage prévu tient le coup sous les pires sautes de vent.
Le 27 janvier on enregistre des rafales de 80 nœuds. Le bateau est
« sablé » à l’eau. Il y a tellement d’eau dans ce vent furieux qu’elle agit
comme un corps dur et décape la peinture. L’antenne radio est arrachée.
Dans le port, les barges qui servent au déchargement des cargos
rompant leurs amarres filent vers le large et risquent au passage de défoncer
la Calypso.
Mon fils Jean-Michel qui est à terre pour assurer notre ravitaillement
n’a pas eu le temps de rallier le bord et il est resté à Tuléar : il est témoin
