220 LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
du désastre causé par le cyclone. Les tôles arrachées aux toitures filent au
milieu des rues et se révèlent meurtrières. Les gens commencent à s’affoler,
surtout lorsqu’ils voient les palmiers casser. En effet un palmier peut être
complètement couché par le vent sans se briser. Quand il casse, c’est
l’indice d’une véritable catastrophe météorologique.
Toutes les rues sont inondées, les autos noyées. Les lignes à haute
tension qui jonchent le sol tuent les gens. La liaison avec Tananarive, la
capitale de l’île, est coupée. Plus de téléphone, mais Jean-Michel continue
de correspondre avec la Calypso par walkie-talkie.
Le capitaine du port, notre ami Michel Appert, se montre dans ces
circonstances d’un inlassable dévouement. Avec sa vedette, il dégage les
barges qui commencent à démolir la jetée et il réussit à rétablir la liaison
avec la Calypso, toujours sur rade. Il nous a beaucoup aidés.
Pendant ce temps à Europa le vent fait des pointes de plus de 100
nœuds. L’anémomètre de la station météo est bloqué. Les cocotiers sont
décapités. Les chèvres noires sont soulevées à 1 mètre du sol et catapultées
dans l’espace. On devait en retrouver un peu partout, assommées.
A Tuléar. le 28 janvier, les grains sont moins nombreux. Le temps se
dégage un peu. Le vent souffle encore à 38 nœuds. La Calypso appareille
pour Europa, après avoir fait les pleins.
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