LA SECONDE FRONTIERE 195
techniciens ne font que six mois de service à la mer, mais la plupart
souhaiteraient prolonger leur temps.
Nous rallions Diego Suarez où je retrouve mon fils Jean-Michel qui,
pendant toute cette période, a accepté d’assumer un rôle ingrat : organiser
le ravitaillement de la Calypso et ses liaisons par avion. Grâce à l’aide
d’Air Madagascar, il a parfaitement réussi. C’est lui également qui a établi
le contact avec le Gouvernement Malgache, préparé l’embarquement des
puces, assuré la relève de l’équipage et des plongeurs et étudié à l’avance
et sur place les sujets que nous désirons filmer. Au total trois mois d’efforts.
Le 20 décembre un grand nombre de nos amis rentrent en France
par avion. Ils seront chez eux pour les fêtes. Notre médecin, le Dr Millet,
décide d’aller visiter la Réunion. Et la Calypso avec un personnel très réduit
reste à l’arsenal de Diego jusqu’à l’arrivée de la nouvelle équipe.
Intervention de Boubouli
C’est ici que se place l’épisode de Boubouli.
Boubouli était originaire des Comores. Il avait manifesté un tel
désir d’embarquer et une telle bonne volonté que nous l’avions pris à bord
comme homme à tout faire... Il faisait à vrai dire peu de chose, mais le
peu qu’il faisait était générateur de catastrophes.
En quittant la Calypso, nous lui avions fait quelques recommandations concernant la robinetterie de la douche qui, ouverte en grand, risquait
de provoquer une inondation. La Calypso se trouvait à quai dans l’arsenal
de Diego avec peu de monde à bord. Un dimanche matin, les officiels sont
venus visiter le bateau... Il y avait aussi les enfants des écoles et quelques
curieux. Nos camarades s’apprêtaient à faire les honneurs du bord... Tout
à coup René, le bosco, pousse un cri : il y avait un pied d’eau dans ma
cabine et mon bureau. Elle commençait à passer au-dessus du surbau.
Boubouli avait laissé le robinet de la douche grand ouvert. A bord il ne
restait que neuf de nos camarades. Tandis que certains d’entre eux recevaient les visiteurs, les autres tentaient le plus discrètement possible d’enrayer le désastre. Ils se sont mis à éponger, à pomper et à vider l’eau avec
des seaux. Ils essayaient que tout cela passe inaperçu des visiteurs, mais
les enfants des écoles qui avaient l’œil vif n’ont pas tardé à remarquer ce
remue-ménage et cela les amusait beaucoup plus que toutes les explications techniques ; tout était trempé : les tiroirs, les papiers, les tapis...
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