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LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
La plongée du Nouvel An
Avant la fin de l’année j’était revenu à Diego. Le nouvel équipage
et le nouveau capitaine Roger Maritano sont arrivés et nous appareillons
aussitôt.
Dans la nuit du 31 décembre, nous fêtons la Saint-Sylvestre en
réveillonnant dans le carré qui a été décoré avec des filets et des coquillages.
La Calypso se trouve à ce moment-là au-dessus du Banc de Leven qui
n’est guère qu’à une trentaine de mètres de la surface. Je décide de
mouiller : il faut commencer l’année par une plongée de minuit. Ce sont
Bébert et Sumian qui descendent en pleine nuit avec la cage antirequins.
Ils remontent une grande Gorgone qui sera — un peu tardivement — notre
arbre de Noël.
Sur la mer et dans la mer, nous avons des jours de fête qui ne sont
pas tout à fait ceux des terriens. Ils contribuent à nous faire mieux sentir
pour quelques heures nos liens de camaraderie.
Je l’ai déjà dit, ce qui me paraît le plus précieux dans cette aventure
de la Calypso, c’est qu’elle met en valeur toutes les qualités humaines.
Chacun y révèle le meilleur de lui-même et il en résulte une merveilleuse
diversité de tempéraments, de caractères, de sentiments.
Tous les membres de l’équipe ne sont pas venus à nous pour les
mêmes raisons, et ils ne s’acquittent pas de leur tâche avec les mêmes
moyens. Aussi quelle richesse ! Cela va de l’humour de Gaston, qui nous
fait cadeau d’une oasis sous-marine, à la sensibilité toujours en éveil de
Laban et à l’intuition de Bernard Delemotte, si habile à calmer et à
rassurer les animaux marins.
Parmi les cinéastes, nous avons la chance de compter Jacques Renoir
dont le talent s’affirme de plus en plus avec chaque film. Il est le petit-fils
de Pierre Renoir, l’arrière petit-fils du peintre Auguste Renoir, le petit
neveu de Jean Renoir. Il a été élevé dans le cinéma, car son père est
l’opérateur Claude Renoir. Il s’est révélé comme un charmant camarade
à bord de la Calypso.
Je voudrais parler aussi de trois amis qui tiennent à bord une place
particulière et contribuent sans doute à « donner le ton » dans cette
équipe où rien ne se fait que par élan personnel. Il s’agit de Jean-Paul
Bassaget, Bernard Chauvelin et Philippe Sirot. Tous trois sont capitaines
au long cours et... plongeurs. Tous trois sont animés du désir de toujours
se dépasser, de vivre plus intensément. Ils ont besoin de l’effort physique,
mais aussi de difficultés, de dangers, de responsabilités.
Pour eux l’aventure n’est pas un mot ou un prétexte. Ils la vivent
LA VIE ET LA MORT DES CORAUX
La plongée du Nouvel An
Avant la fin de l’année j’était revenu à Diego. Le nouvel équipage
et le nouveau capitaine Roger Maritano sont arrivés et nous appareillons
aussitôt.
Dans la nuit du 31 décembre, nous fêtons la Saint-Sylvestre en
réveillonnant dans le carré qui a été décoré avec des filets et des coquillages.
La Calypso se trouve à ce moment-là au-dessus du Banc de Leven qui
n’est guère qu’à une trentaine de mètres de la surface. Je décide de
mouiller : il faut commencer l’année par une plongée de minuit. Ce sont
Bébert et Sumian qui descendent en pleine nuit avec la cage antirequins.
Ils remontent une grande Gorgone qui sera — un peu tardivement — notre
arbre de Noël.
Sur la mer et dans la mer, nous avons des jours de fête qui ne sont
pas tout à fait ceux des terriens. Ils contribuent à nous faire mieux sentir
pour quelques heures nos liens de camaraderie.
Je l’ai déjà dit, ce qui me paraît le plus précieux dans cette aventure
de la Calypso, c’est qu’elle met en valeur toutes les qualités humaines.
Chacun y révèle le meilleur de lui-même et il en résulte une merveilleuse
diversité de tempéraments, de caractères, de sentiments.
Tous les membres de l’équipe ne sont pas venus à nous pour les
mêmes raisons, et ils ne s’acquittent pas de leur tâche avec les mêmes
moyens. Aussi quelle richesse ! Cela va de l’humour de Gaston, qui nous
fait cadeau d’une oasis sous-marine, à la sensibilité toujours en éveil de
Laban et à l’intuition de Bernard Delemotte, si habile à calmer et à
rassurer les animaux marins.
Parmi les cinéastes, nous avons la chance de compter Jacques Renoir
dont le talent s’affirme de plus en plus avec chaque film. Il est le petit-fils
de Pierre Renoir, l’arrière petit-fils du peintre Auguste Renoir, le petit
neveu de Jean Renoir. Il a été élevé dans le cinéma, car son père est
l’opérateur Claude Renoir. Il s’est révélé comme un charmant camarade
à bord de la Calypso.
Je voudrais parler aussi de trois amis qui tiennent à bord une place
particulière et contribuent sans doute à « donner le ton » dans cette
équipe où rien ne se fait que par élan personnel. Il s’agit de Jean-Paul
Bassaget, Bernard Chauvelin et Philippe Sirot. Tous trois sont capitaines
au long cours et... plongeurs. Tous trois sont animés du désir de toujours
se dépasser, de vivre plus intensément. Ils ont besoin de l’effort physique,
mais aussi de difficultés, de dangers, de responsabilités.
Pour eux l’aventure n’est pas un mot ou un prétexte. Ils la vivent
