LA SECONDE FRONTIERE 191
Chaque fois que nous essayons à la mer un engin nouveau, le silence
se fait à bord et l’atmosphère est plus tendue. Les ordres sont réduits au
minimum. Chaque homme sait ce qu’il a à faire, chacun a ses responsabilités et le plus souvent tout le monde se comprend sans que personne
ait besoin de lancer des ordres et de crier. Dans un moment comme celui-là
toutes les possibilités de la Calypso, qui sont grandes, sont concentrées sur
une seule tâche : la réussite de l’expérience en cours.
J’ai toute confiance dans mes deux pilotes Canoé et Laban. Il y a
15 ans que Laban et Canoé font partie de l’équipe de la Calypso.
Canoé transmet à Laban par le téléphone à ultra-sons : « Tout va
bien ».
A 250 mètres, après une heure d’immersion, le tiers du temps prévu,
la conversation entre Canoé et Laban est brusquement interrompue. Le
sonar ne marche plus. Il est possible qu’il s’agisse d’une panne générale
et que le moteur, lui non plus, ne fonctionne pas. Il n’y a plus qu’à attendre
et à s’en remettre au sang froid de Canoé. Mais à bord de la Calypso tout
le monde retient son souffle... Huit minutes passent qui nous paraissent
très longues. Enfin la puce fait surface. Canoé a même la présence d’esprit
d’exécuter la dernière manœuvre prévue au programme de ce matin :
déclencher la jupe de sécurité gonflable destinée à maintenir l’engin à flot
en cas de mer forte. Malgré la panne à 250 mètres de fond, Canoé a
rempli jusqu’au bout le programme d’essais.
Comme nous l’avions pressenti, la panne vient bien du moteur qui
a flanché, puis s’est arrêté après avoir mis la batterie à plat.
Nous avons l’habitude de ce genre d’incident lors des essais à la
mer. Il faut bien que quelque chose nous soit contraire. Quand ce n’est
pas le vent, les courants ou la houle, c’est un incident mécanique qui
survient. Mais c’est en cela justement que consiste la mise à l’épreuve des
nouveaux appareils.
Le moteur responsable est démonté et pendant la nuit les ingénieurs
découvriront et répareront la panne. A des moments comme celui-là, les
différences entre plongeurs et techniciens, entre membres de l’équipe et
ingénieurs s’effacent tout à fait. Et tout le monde travaille au succès
commun.
A l’aube les deux puces sont prêtes. Laban prend les commandes de
la puce numéro 1 et à 7 heures 04, je m’installe dans la 2. Toutes les vérifications de la check-list une fois faites, je commence la descente à
7 heures 23.
André Laban, qui est depuis longtemps un excellent pilote de la
SP 350, se familiarise très vite avec la conduite de la puce de mer.
Chaque fois que nous essayons à la mer un engin nouveau, le silence
se fait à bord et l’atmosphère est plus tendue. Les ordres sont réduits au
minimum. Chaque homme sait ce qu’il a à faire, chacun a ses responsabilités et le plus souvent tout le monde se comprend sans que personne
ait besoin de lancer des ordres et de crier. Dans un moment comme celui-là
toutes les possibilités de la Calypso, qui sont grandes, sont concentrées sur
une seule tâche : la réussite de l’expérience en cours.
J’ai toute confiance dans mes deux pilotes Canoé et Laban. Il y a
15 ans que Laban et Canoé font partie de l’équipe de la Calypso.
Canoé transmet à Laban par le téléphone à ultra-sons : « Tout va
bien ».
A 250 mètres, après une heure d’immersion, le tiers du temps prévu,
la conversation entre Canoé et Laban est brusquement interrompue. Le
sonar ne marche plus. Il est possible qu’il s’agisse d’une panne générale
et que le moteur, lui non plus, ne fonctionne pas. Il n’y a plus qu’à attendre
et à s’en remettre au sang froid de Canoé. Mais à bord de la Calypso tout
le monde retient son souffle... Huit minutes passent qui nous paraissent
très longues. Enfin la puce fait surface. Canoé a même la présence d’esprit
d’exécuter la dernière manœuvre prévue au programme de ce matin :
déclencher la jupe de sécurité gonflable destinée à maintenir l’engin à flot
en cas de mer forte. Malgré la panne à 250 mètres de fond, Canoé a
rempli jusqu’au bout le programme d’essais.
Comme nous l’avions pressenti, la panne vient bien du moteur qui
a flanché, puis s’est arrêté après avoir mis la batterie à plat.
Nous avons l’habitude de ce genre d’incident lors des essais à la
mer. Il faut bien que quelque chose nous soit contraire. Quand ce n’est
pas le vent, les courants ou la houle, c’est un incident mécanique qui
survient. Mais c’est en cela justement que consiste la mise à l’épreuve des
nouveaux appareils.
Le moteur responsable est démonté et pendant la nuit les ingénieurs
découvriront et répareront la panne. A des moments comme celui-là, les
différences entre plongeurs et techniciens, entre membres de l’équipe et
ingénieurs s’effacent tout à fait. Et tout le monde travaille au succès
commun.
A l’aube les deux puces sont prêtes. Laban prend les commandes de
la puce numéro 1 et à 7 heures 04, je m’installe dans la 2. Toutes les vérifications de la check-list une fois faites, je commence la descente à
7 heures 23.
André Laban, qui est depuis longtemps un excellent pilote de la
SP 350, se familiarise très vite avec la conduite de la puce de mer.
