DES AMITIES DIFFICILES 175
découvert le phénomène de l’anaphylaxie, au cours d’une croisière du
yacht Princesse Alice, à la suite d’injections de venin d’Actinie, l’actinotoxine, faites au chien « Neptune ».
Ce souvenir historique vaut bien que nous nous intéressions aux mœurs
criminelles des belles anémones de mer qui vivent aux Glorieuses.
C’est encore Bernard Delemotte qui conduit l’expérience. Il pose dans
les tentacules de l’anémone un poisson qui est aussitôt emprisonné. Au bout
de quelques instants, il le délivre. Le poisson semble intact, mais il a subi
une décharge de venin suffisante pour le paralyser partiellement. Il est déjà
mal en point. Un petit mérou surgit et l’avalé. La loi de la jungle ignore
la pitié.
Mais il est un cas extraordinaire : un poisson non seulement est
immunisé contre le venin de l’anémone, mais il vit littéralement dans ses
tentacules. Il y trouve un abri. C’est VAmphiprion* ou poisson clown.
Le mérou lui-même ne se hasarde pas à aller l’attaquer au sein de l’anémone.
Pour payer sa location, le clown recueille la nourriture qui sans cela
échapperait à l’anémone et la lui apporte.
On connaît depuis longtemps le commensalisme du clown et de
l’anémone, mais pour la première fois nous réussissons à filmer en pleine
eau la scène du poisson clown nourrissant son anémone. Nous lâchons dans
le voisinage de petits morceaux de poissons. Le clown s’en empare aussitôt
et va les porter à l’anémone qui les digère presque immédiatement. Mais
cette distribution attire aussi des Lutj ans et des mérous auxquels le
poisson clown n’hésite pas à disputer la nourriture. Lorsqu’il est menacé
de trop près par un gros poisson il va se réfugier dans les tentacules.
Parfois il s’y couche sur le flanc et on dirait presque voluptueusement.
Cimetière sous les palmes
Ce fut pour tous les plongeurs de la Calypso une période de travail
intense. Mais en même temps que nous explorions tous les fonds du
voisinage, nous apprenions à mieux connaître l’île elle-même et ses habitants, les trois hommes de la station météorologique.
Ils disposaient d’un petit tracteur qui tirait une remorque dans laquelle
ils mettaient les noix de coco qu’ils ramassaient. Ils nous ont bien souvent
prêté cet engin de locomotion pour visiter leur île afin de nous reposer
découvert le phénomène de l’anaphylaxie, au cours d’une croisière du
yacht Princesse Alice, à la suite d’injections de venin d’Actinie, l’actinotoxine, faites au chien « Neptune ».
Ce souvenir historique vaut bien que nous nous intéressions aux mœurs
criminelles des belles anémones de mer qui vivent aux Glorieuses.
C’est encore Bernard Delemotte qui conduit l’expérience. Il pose dans
les tentacules de l’anémone un poisson qui est aussitôt emprisonné. Au bout
de quelques instants, il le délivre. Le poisson semble intact, mais il a subi
une décharge de venin suffisante pour le paralyser partiellement. Il est déjà
mal en point. Un petit mérou surgit et l’avalé. La loi de la jungle ignore
la pitié.
Mais il est un cas extraordinaire : un poisson non seulement est
immunisé contre le venin de l’anémone, mais il vit littéralement dans ses
tentacules. Il y trouve un abri. C’est VAmphiprion* ou poisson clown.
Le mérou lui-même ne se hasarde pas à aller l’attaquer au sein de l’anémone.
Pour payer sa location, le clown recueille la nourriture qui sans cela
échapperait à l’anémone et la lui apporte.
On connaît depuis longtemps le commensalisme du clown et de
l’anémone, mais pour la première fois nous réussissons à filmer en pleine
eau la scène du poisson clown nourrissant son anémone. Nous lâchons dans
le voisinage de petits morceaux de poissons. Le clown s’en empare aussitôt
et va les porter à l’anémone qui les digère presque immédiatement. Mais
cette distribution attire aussi des Lutj ans et des mérous auxquels le
poisson clown n’hésite pas à disputer la nourriture. Lorsqu’il est menacé
de trop près par un gros poisson il va se réfugier dans les tentacules.
Parfois il s’y couche sur le flanc et on dirait presque voluptueusement.
Cimetière sous les palmes
Ce fut pour tous les plongeurs de la Calypso une période de travail
intense. Mais en même temps que nous explorions tous les fonds du
voisinage, nous apprenions à mieux connaître l’île elle-même et ses habitants, les trois hommes de la station météorologique.
Ils disposaient d’un petit tracteur qui tirait une remorque dans laquelle
ils mettaient les noix de coco qu’ils ramassaient. Ils nous ont bien souvent
prêté cet engin de locomotion pour visiter leur île afin de nous reposer
