DES AMITIES DIFFICILES 161
Mais son étrangeté même nous attire et nous retient : nous n’avions
jamais vu dans une eau aussi transparente des formes et des couleurs
aussi différentes de tout ce qu’on peut apercevoir sur terre.
Les quelques réparations qu’exigeait la Calypso sont achevées et nous
partons pour l’Archipel des Glorieuses, à la pointe Nord-Ouest de Madagascar, au large du Cap d’Ambre. C’est un groupe de petites îles françaises
inhabitées. On n’y trouve qu’une base météorologique, installée là pour
guetter les cyclones.
Un paradis sous-marin
A notre départ de Diego, le temps est mauvais, et pendant toute la
nuit, la Calypso est durement secouée.
Nous arrivons aux Glorieuses le matin. Nous mouillons devant la plus
grande des deux îles et nous mettons aussitôt un chaland à la mer. Nous
allons prendre contact avec les trois Réunionnais qui assurent le fonctionnement de la station météo.
L’île est entourée de plages d’un sable extrêmement fin et très blanc.
A une pointe émerge un massif de corail qui forme un cap. C’est là qu’est
placée la station météorologique, au milieu des cocotiers.
De très beaux filaos* forment de petits bois, des dunes vallonnent le
paysage. Etrange contrée où les oiseaux nichent par terre et les rongeurs
vivent dans les arbres.
Il y a eu des tentatives d’exploitation, sans doute des cocoteraies. Nous
retrouvons des vestiges de campement et, comme toujours dans ces îles,
deux petits cimetières, sans âge, sous les palmes.
Dès les premières plongées, c’est un enchantement. Le beau temps
est revenu. L’eau est très claire et la faune d’une richesse extraordinaire :
des carangues, des vieilles, des lutjans et des perroquets de gros calibre.
Nous découvrons un labyrinthe de corail posé sur un fond de cet admirable
sable blanc qui est une des beautés de l’île.
Sous l’auvent d’un grand Madrépore une tortue énorme nous regarde.
Nous tentons de lui caresser le cou, geste absurde et trop humain : elle
s’en va dégoûtée avec une lenteur majestueuse.
Le corail est souvent dispersé en massifs séparés un peu éloignés les
uns des autres. Des poissons papillons passent parfois d’un de ces îlots
Mais son étrangeté même nous attire et nous retient : nous n’avions
jamais vu dans une eau aussi transparente des formes et des couleurs
aussi différentes de tout ce qu’on peut apercevoir sur terre.
Les quelques réparations qu’exigeait la Calypso sont achevées et nous
partons pour l’Archipel des Glorieuses, à la pointe Nord-Ouest de Madagascar, au large du Cap d’Ambre. C’est un groupe de petites îles françaises
inhabitées. On n’y trouve qu’une base météorologique, installée là pour
guetter les cyclones.
Un paradis sous-marin
A notre départ de Diego, le temps est mauvais, et pendant toute la
nuit, la Calypso est durement secouée.
Nous arrivons aux Glorieuses le matin. Nous mouillons devant la plus
grande des deux îles et nous mettons aussitôt un chaland à la mer. Nous
allons prendre contact avec les trois Réunionnais qui assurent le fonctionnement de la station météo.
L’île est entourée de plages d’un sable extrêmement fin et très blanc.
A une pointe émerge un massif de corail qui forme un cap. C’est là qu’est
placée la station météorologique, au milieu des cocotiers.
De très beaux filaos* forment de petits bois, des dunes vallonnent le
paysage. Etrange contrée où les oiseaux nichent par terre et les rongeurs
vivent dans les arbres.
Il y a eu des tentatives d’exploitation, sans doute des cocoteraies. Nous
retrouvons des vestiges de campement et, comme toujours dans ces îles,
deux petits cimetières, sans âge, sous les palmes.
Dès les premières plongées, c’est un enchantement. Le beau temps
est revenu. L’eau est très claire et la faune d’une richesse extraordinaire :
des carangues, des vieilles, des lutjans et des perroquets de gros calibre.
Nous découvrons un labyrinthe de corail posé sur un fond de cet admirable
sable blanc qui est une des beautés de l’île.
Sous l’auvent d’un grand Madrépore une tortue énorme nous regarde.
Nous tentons de lui caresser le cou, geste absurde et trop humain : elle
s’en va dégoûtée avec une lenteur majestueuse.
Le corail est souvent dispersé en massifs séparés un peu éloignés les
uns des autres. Des poissons papillons passent parfois d’un de ces îlots
