76 COMPAGNONS DE PLONGEE
découvrirent cet accessoire, ils ne se lassèrent pas de descendre à la mer et
de remonter comme l’auraient fait des enfants.
A cette époque, nous nous trouvions sur le banc d’Argent à la recherche
d’un galion dont nous espérions qu’il renfermait des richesses prises par les
Espagnols dans le Nouveau Monde. Il s’agissait, pour nous, d’entreprendre
une forme d’archéologie sous-marine qui n’avait jamais été tentée : la fouille
d’une épave emprisonnée sous des tonnes de coraux.
Cette recherche fut longtemps vaine. Et nous sommes tombés, enfin,
sur les vestiges d’une épave ancienne.
Un jour, nous avons aperçu de grands canons à demi enfouis dans le
corail : un labeur harassant commençait. Il consistait à ressusciter un navire
enseveli dans sa tombe de corail. Les jours passaient. Nous manquions d’eau
et de vivres et il nous fallut abandonner momentanément notre chantier
marin pour aller nous approvisionner.
L’odyssée de Christobald
Nous avions quitté le Banc d’Argent et nous étions allés, une fois de
plus, nous ravitailler à Porto Rico. Bébert nous avait quittés pour revenir
en France, où l’attendaient d’autres travaux. Et c’est Serge Foulon qui avait
pris en charge Christobald.
Le 10 juillet, sur la route du Banc d’Argent, Raymond Coll et Foulon
effectuent une plongée avec les deux otaries, dans les eaux de l’île Mona, à
peu de distance de Porto Rico. C’est là que Christobald choisit la liberté.
Il fausse compagnie à Serge, en plongée, et refuse de revenir malgré tous
les calmars qu’on lui tend.
Christobald monte en surface, regarde la petite île, et choisit délibérément de partir au large.
Roger Maritano, notre capitaine, s’aperçoit le premier de l’événement.
Il se rend compte que Christobald est revenu en surface, à une assez grande
distance de l’endroit où les bulles indiquent la présence des plongeurs.
Le temps que Coll remonte avec Pepito, qu’il l’enferme dans la cage,
qu'il saute dans un chaland avec le salabre, Christobald a déjà fait du
chemin. Mais, comme tout le monde le guette, il est repéré chaque fois
qu’il revient en surface pour respirer.
Le chaland le suit pendant plus d’une heure, sous un fort clapot, et
Michel Deloire réussit à filmer cette dramatique course poursuite. A un
certain moment, Christobald est rejoint ; Sumian, à l’avant du chaland, le
touche même avec le salabre, mais Christobald connaît ce genre de filet,
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