LE VOYAGE INATTENDU 61
A partir d Ascension, la deuxième partie de notre voyage à travers
1 Atlantique devrait ouvrir un nouveau chapitre de l’aventure des otaries.
Il nous faut d’abord tout mettre en œuvre pour qu’elles reprennent des forces
et soient en parfaite santé. Elles mangent de très bon appétit. Le Dr Millet
met des vitamines dans des sardines qu’il leur fait avaler.
Mais, autant que possible, je voudrais, désormais, que chacune d'elles
prenne toujours sa nourriture des mains de la même personne : Raymond
Coll pour Pepito, Michel Bernard pour Christobald.
De plus, le moment du repas sera marqué par un cérémonial compliqué.
Je demande à Raymond et à Michel de revêtir leur tenue de plongée, de se
fixer à la taille un bocal d’où ils tireront les poissons ou les calmars qu’ils
offriront à la main aux otaries. Et nous continuerons à sonner la cloche,
pour annoncer l’ouverture de la séance.
En effet, je ne renonce nullement à mon ambitieux programme. Les
progrès réalisés par Pepito — et même par Christobald — m’y encouragent,
au contraire. Il ne s’agit pas, seulement, de faire des otaries des compagnons
avec lesquels on peut vivre à bord de la Calypso, mais des camarades de
plongée. C’est là peut-être que l’expérience risque d’échouer. Nous avons
tout à craindre de leurs réactions lorsqu’ils se retrouveront dans la mer.
Leur goût — bien légitime — de la liberté, l’emportera sans doute sur leur
attachement envers les hommes.
Les harnais
En vue de cette épreuve, j’ai fait confectionner à Capetown des espèces
de harnais qui se bouclent sur le corps des otaries. Pour les premiers essais
en pleine eau, je pense que les plongeurs les tiendront en laisse. Mais il faut,
le plus tôt possible, habituer les animaux à cet équipement. Comme toujours.
Pepito se laisse docilement harnacher. Christobald fait plus de manières.
Mais la promenade, à bout de laisse, sur la Calypso, donne lieu à des scènes
véhémentes. Pepito et Christobald, au cours des derniers jours, ont connu
à bord une relative liberté, et les voici à l’attache. Morsures, cabrioles, cris
sèment le désordre sur la plage arrière et dans les coursives. Nous n’avons
pas encore gagné. En outre, nous nous apercevons que le harnais, trop dur
et trop mince, les blesse. Il faut confectionner une espèce de ceinture de
nylon très large, qui sera peut-être mieux tolérée. Dominique Sumian, Michel
Bernard, Bonnici mettent cet accessoire au point et font les essayages, ce
qui ne va pas sans risques.
A partir d Ascension, la deuxième partie de notre voyage à travers
1 Atlantique devrait ouvrir un nouveau chapitre de l’aventure des otaries.
Il nous faut d’abord tout mettre en œuvre pour qu’elles reprennent des forces
et soient en parfaite santé. Elles mangent de très bon appétit. Le Dr Millet
met des vitamines dans des sardines qu’il leur fait avaler.
Mais, autant que possible, je voudrais, désormais, que chacune d'elles
prenne toujours sa nourriture des mains de la même personne : Raymond
Coll pour Pepito, Michel Bernard pour Christobald.
De plus, le moment du repas sera marqué par un cérémonial compliqué.
Je demande à Raymond et à Michel de revêtir leur tenue de plongée, de se
fixer à la taille un bocal d’où ils tireront les poissons ou les calmars qu’ils
offriront à la main aux otaries. Et nous continuerons à sonner la cloche,
pour annoncer l’ouverture de la séance.
En effet, je ne renonce nullement à mon ambitieux programme. Les
progrès réalisés par Pepito — et même par Christobald — m’y encouragent,
au contraire. Il ne s’agit pas, seulement, de faire des otaries des compagnons
avec lesquels on peut vivre à bord de la Calypso, mais des camarades de
plongée. C’est là peut-être que l’expérience risque d’échouer. Nous avons
tout à craindre de leurs réactions lorsqu’ils se retrouveront dans la mer.
Leur goût — bien légitime — de la liberté, l’emportera sans doute sur leur
attachement envers les hommes.
Les harnais
En vue de cette épreuve, j’ai fait confectionner à Capetown des espèces
de harnais qui se bouclent sur le corps des otaries. Pour les premiers essais
en pleine eau, je pense que les plongeurs les tiendront en laisse. Mais il faut,
le plus tôt possible, habituer les animaux à cet équipement. Comme toujours.
Pepito se laisse docilement harnacher. Christobald fait plus de manières.
Mais la promenade, à bout de laisse, sur la Calypso, donne lieu à des scènes
véhémentes. Pepito et Christobald, au cours des derniers jours, ont connu
à bord une relative liberté, et les voici à l’attache. Morsures, cabrioles, cris
sèment le désordre sur la plage arrière et dans les coursives. Nous n’avons
pas encore gagné. En outre, nous nous apercevons que le harnais, trop dur
et trop mince, les blesse. Il faut confectionner une espèce de ceinture de
nylon très large, qui sera peut-être mieux tolérée. Dominique Sumian, Michel
Bernard, Bonnici mettent cet accessoire au point et font les essayages, ce
qui ne va pas sans risques.
