56 COMPAGNONS DE PLONGEE
mais elle a voulu connaître le bateau dans tous ses détails. Les talons aiguille
n’étaient pas très pratiques ; c’est le Dr Millet qui a sauvé la situation en
apportant des sandales d'une taille convenable.
Au cours de la visite officielle, Pepito et Christobald très admirés., se
sont montrés à peu près corrects.
Il y eut également une réception chez le gouverneur et une promenade
dans sa Rolls Royce, sur le haut plateau de l’île, dont la verdure contraste
avec l’aridité de la falaise ocre.
Nous avons visité Longwood* où un diplomate, qui est également un
grand historien, a improvisé pour nous une conférence pleine d’intérêt.
Le Dr Millet s’est rendu à l’hôpital, comme il le fait toujours, à chaque
escale, car il n’est jamais si heureux que lorsqu’il peut rendre service à un
confrère d’une manière ou d’une autre. C’est aussi la raison pour laquelle
la Calypso est assez bien pourvue en médicaments très divers, dont nous ne
sommes pas avares.
Un navire sud-coréen avait fait escale quinze jours plus tôt, et il y avait
eu à Sainte-Hélène une flambée de maladies vénériennes. Le médecin-chef
de l’hôpital s’arrachait les cheveux : les microbes sud-coréens résistaient à
tous les traitements.
Le Dr Millet n’a pas manqué de communiquer cette intéressante information à toute l’équipe de la Calypso. Il ne se souciait pas d’avoir lui aussi
à lutter contre les microbes récalcitrants de la Corée du Sud.
Au cours des promenades à pied que nous avons faites dans l’île, nous
avons découvert, au hasard d’un maigre chemin, un couple d’une soixantaine
d'années, qui, de toute sa vie, n’était jamais descendu à Jamestown, pourtant située à 15 km de là. C’étaient des métis d’Anglais et d’indiens.
Le Dr Millet s’est rendu compte que la population était fragile, exposée
aux maladies et largement victime de l’alcoolisme.
Avant de quitter Sainte-Hélène, nous faisons une plongée sur une épave
à faible profondeur, mais c’est un bateau sans grand intérêt, et il ne mérite
même pas une séquence sous-marine. Nous avons descendu les lampes pour
rien.
Notre plongée nous a obligés à encombrer la plage arrière de la Calypso
de projecteurs et de câbles. Les otaries ont été dérangées, et nous ne nous
sommes guère occupés d’elles.
On dirait que cet abandon leur a donné une nouvelle affection pour
nous. Elles s’accrochent à Michel Bernard, et lui réclament sans cesse des
poissons.
Elles semblent très bien reconnaître Raymond Coll, Yves Orner,
Dominique Sumian et Christian Bonnici.
Précédent

- 57/307

Suivant