LE VOYAGE INATTENDU 57
Liberté surveillée
C est après notre escale à Sainte-Hélène que je décide de franchir une
nouvelle étape dans nos rapports avec les otaries. Nous allons leur accorder
la liberté surveillée.
Les deux pères adoptifs, Raymond Coll et Michel Bernard sont priés
de ne jamais quitter de l’œil Pepito et Christobald, qui ont maintenant accès
aux coursives et à la plage avant.
Pepito ne nous donne que des satisfactions. Il suit pas à pas son ami
Raymond Coll. Il est indéniable qu’une véritable affection s’est nouée entre
eux. Raymond Coll est un sensible et un intuitif. Son otarie a certainement
perçu le caractère affectueux de sa personnalité, et elle y répond à sa manière.
Une rumeur admirative se propage sur tout le bateau : Pepito vient de
réussir à gravir tout seul l’escalier de la coursive bâbord. Et, sur la passerelle,
il prend le quart en même temps que Raymond Coll. Il se couche à ses
pieds, contre la barre.
Christobald ne montre pas toutes les qualités de l’enfant prodige. Il
s’assied volontiers, en repliant sa queue sous lui, comme le font les otaries
(les phoques ne peuvent pas le faire, à cause de la conformation de leur
bassin), il hume le vent, remue les moustaches. Manifestement, il rêve de
liberté, ce qui est bien son droit. Michel Bernard, qui devine ce qui se passe
dans cette petite tête ronde, prend Christobald par le cou, le caresse et
essaie de le faire monter sur ses genoux, sans grand succès. Mais, enfin,
voici 48 heures que le docteur n’a eu à soigner aucune morsure.
A scension
Nous sommes à mi-chemin de notre traversée de l’Atlantique, en vue
de l’île d’Ascension. Nous apercevons une terre désertique percée de petits
cratères, entre lesquels s’élèvent des pylônes de radar. L’île appartient aux
Anglais, mais les Américains y ont installé une base importante. Elle est
non seulement utilisée pour le lancement des fusées, mais c’est aussi une
station qui joue un grand rôle dans le programme Apollo.
L’escale est bien différente de celle de Sainte-Hélène, mais elle est
également intéressante, d’un tout autre point de vue. Nous arrivons au
moment où se déroule la répétition générale d’un départ Apollo, au Cap
Kennedy, en Floride.
Liberté surveillée
C est après notre escale à Sainte-Hélène que je décide de franchir une
nouvelle étape dans nos rapports avec les otaries. Nous allons leur accorder
la liberté surveillée.
Les deux pères adoptifs, Raymond Coll et Michel Bernard sont priés
de ne jamais quitter de l’œil Pepito et Christobald, qui ont maintenant accès
aux coursives et à la plage avant.
Pepito ne nous donne que des satisfactions. Il suit pas à pas son ami
Raymond Coll. Il est indéniable qu’une véritable affection s’est nouée entre
eux. Raymond Coll est un sensible et un intuitif. Son otarie a certainement
perçu le caractère affectueux de sa personnalité, et elle y répond à sa manière.
Une rumeur admirative se propage sur tout le bateau : Pepito vient de
réussir à gravir tout seul l’escalier de la coursive bâbord. Et, sur la passerelle,
il prend le quart en même temps que Raymond Coll. Il se couche à ses
pieds, contre la barre.
Christobald ne montre pas toutes les qualités de l’enfant prodige. Il
s’assied volontiers, en repliant sa queue sous lui, comme le font les otaries
(les phoques ne peuvent pas le faire, à cause de la conformation de leur
bassin), il hume le vent, remue les moustaches. Manifestement, il rêve de
liberté, ce qui est bien son droit. Michel Bernard, qui devine ce qui se passe
dans cette petite tête ronde, prend Christobald par le cou, le caresse et
essaie de le faire monter sur ses genoux, sans grand succès. Mais, enfin,
voici 48 heures que le docteur n’a eu à soigner aucune morsure.
A scension
Nous sommes à mi-chemin de notre traversée de l’Atlantique, en vue
de l’île d’Ascension. Nous apercevons une terre désertique percée de petits
cratères, entre lesquels s’élèvent des pylônes de radar. L’île appartient aux
Anglais, mais les Américains y ont installé une base importante. Elle est
non seulement utilisée pour le lancement des fusées, mais c’est aussi une
station qui joue un grand rôle dans le programme Apollo.
L’escale est bien différente de celle de Sainte-Hélène, mais elle est
également intéressante, d’un tout autre point de vue. Nous arrivons au
moment où se déroule la répétition générale d’un départ Apollo, au Cap
Kennedy, en Floride.
