APPENDICE V 289
fidèle Matt Henson, un merveilleux conducteur de traîneau, et quatre Eskimos constituant l’équipe de pointe qui doit conserver toutes ses forces pour
l’étape finale.
A 130 kilomètres du but Peary et ses cinq compagnons démarrent,
n’ayant avec eux que cinq traîneaux et dix chiens. Cinq jours de marche
épuisante au cours de laquelle Peary souffre terriblement de ses pieds mutilés.
Le cinquième jour, le groupe atteint 89° 57’. « Le pôle était donc en vue,
écrit-il, mais j’étais sans force pour faire les derniers pas. La fatigue amassée
tous ces jours et ces nuits, ces marches sans sommeil, m’accablèrent tout à
coup. J’étais trop épuisé pour comprendre que le but de ma vie était
atteint. »
C’est le 6 avril 1909 à 10 heures du matin que Peary plante au pôle
Nord le drapeau américain. Il y construit un igloo et il y reste deux jours
sans dormir. Il a atteint son but après 23 ans d’efforts et huit expéditions.
A travers la glace il fila 2 750 mètres de corde sans trouver le fond. Le pôle
n’est qu’un point dans l’espace, un abîme marin que recouvre l’incessante
dérive de la banquise.
Robert Peary n’avait pas voulu qu’un Blanc partage avec lui sa gloire.
Ses seuls camarades et les seuls témoins de son exploit sont quatre Eskimos
et un domestique noir. Aussi sa victoire sera-t-elle contestée. D’autant plus
qu’un autre Américain, le Dr Frédéric Cook, ancien compagnon de Peary,
prétend avoir atteint le pôle avant lui. Il y serait parvenu le 21 avril 1908,
presque un an avant Peary et accompagné seulement de deux Eskimos.
Une polémique pénible s’engagea et la mort des deux rivaux ne la fit
même pas cesser. Aujourd’hui encore il n’est pas possible de dire avec une
absolue certitude qui fut le vainqueur du pôle Nord.
Dans les airs
L’Arctique parcouru d’abord en bateau, puis à pied et avec des traîneaux à chiens, fut aussi survolé en ballon libre par l’aéronaute suédois
Andrée qui, sur le témoignage de Nordenskjold, pensait qu’un courant
atmosphérique constant le pousserait vers le pôle. Il disposait de voiles qui
devaient lui permettre de se diriger et de guideropes destinés à le maintenir
en altitude.
Le 11 juillet 1897, le ballon Oern, aigle, s’envole de l’île des Danois
et pendant deux ans le monde reste sans nouvelles d’Andrée. C est en 1930
qu’une mission polaire devait retrouver sur l’île Blanche son cadavre et
ceux de ses compagnons à demi dévorés par les ours. On retrouva meme
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