290 COMPAGNONS DE PLONGEE
le carnet où il avait retracé leur agonie et il fut possible de développer les
photographies que contenait son appareil.
C’est Roald Amundsen qui en 1925 reprendra l’idée de survoler le
pôle, mais en hydravion. Les deux appareils italiens dont il dispose perdent
leur route dans le brouillard et sont contraints de se poser sur la banquise
au voisinage de 88°, à deux degrés du pôle.
C’est l’Américain Byrd, à bord de son avion Joséphine Ford qui, le
9 mai 1926, gagne la partie et passe le premier au-dessus du pôle.
Le 11 mai 1926, le dirigeable le N orge, commandé par l’Italien Nobile
et ayant à son bord Amundsen et Ellsworth, survole à son tour le pôle Nord.
Le raid, en 1928, d’un autre dirigeable italien, commandé également
par Nobile, devait se terminer tragiquement par un atterrissage forcé et
soulever une grande émotion dans le monde entier, le chef de l’expédition
Nobile ayant été évacué le premier par un avion de secours suédois tandis
que cinq survivants attendront pendant un mois sur la banquise l’arrivée
du brise-glaces soviétique Krassine.
Enfin le 21 mai 1937, un avion quadrimoteur russe, l’Ant 6, se posait
à l’emplacement même du pôle et y déposait quatre savants qui pendant
neuf mois se laisseront dériver jusqu’au Groenland : pour la première fois
le pôle était habité.
Une œuvre internationale
Désormais les vieilles terreurs que l’Arctique inspirait aux hommes sont
dissipées. Chaque jour des lignes d’aviation commerciale survolent le pôle,
abrégeant ainsi la distance entre l’Europe et l’Asie. Ce qui fut si longtemps
un exploit n’est plus qu’une routine.
Dans cette conquête d’un monde glacé et inconnu, la France a joué
son rôle. Pendant six années de suite, le commandant Charcot a exploré
les rives du Groenland avant de périr dans le naufrage du Pourquoi pas ?
Depuis 1948, sous l’impulsion de Paul-Emile Victor, les expéditions polaires
françaises ont effectué l’exploration scientifique de l’inlandsis du Groenland
et assuré depuis 1957 la direction de l’Expédition glaciologique internationale.
On peut dire que la conquête du pôle Nord a été l’œuvre collective de
toutes les nations civilisées qui ont toujours trouvé pour les aider l’appui
amical des Eskimos.
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