288 COMPAGNONS DE PLONGEE
Robert Peary
La course au pôle qui avait commencé avec le début du xx' siècle,
allait enfin trouver son vainqueur. L’ingénieur américain Robert E. Peary
méritait la victoire, d’abord parce qu’une expérience de plus de 20 années
passées dans l’Arctique lui avait inspiré des conceptions très différentes de
celles de ses prédécesseurs. Il pensait notamment que la meilleure saison
pour atteindre le pôle était l’hiver tellement redouté de tous les explorateurs : à cette époque en effet la neige et la glace nivelaient le terrain et
comblaient les crevasses. En outre il ne croyait qu’à des expéditions montées
avec le minimum d’équipement, utilisant des traîneaux à chiens et les vêtements eskimos. Enfin Peary était soutenu par la conviction qu’il était
l’homme tout désigné pour parvenir le premier au pôle. « Cette idée fixe
d’atteindre le pôle, a-t-il écrit, était devenue une part tellement importante
de mon existence que je ne pouvais plus me considérer que comme un
instrument à gagner le pôle. »
Depuis l’âge de 30 ans, il s’entraîne à l’effroyable métier d’explorateur
polaire : il traverse le Groenland à deux reprises : un trajet de 1 800 km et
85 jours de marche. Il serait mort de faim sans la rencontre providentielle
de bœufs musqués. En juillet 1898, il se lance dans une course tragique
vers l’ancien campement du capitaine Greely et y trouve des biscuits et des
vivres abandonnés qui lui sauvent la vie. Mais il s’aperçoit que ses orteils
sont gelés. Ses amis eskimos l’attachent sur un traîneau et le ramènent sur
son bateau, le Windward, où il faut malheureusement l’amputer.
Peary, mutilé, ne renonce pas à son rêve. Par trois fois il repart pour
le pôle. En mars 1902, avec un seul traîneau, dix chiens, trois eskimos et
son domestique noir Henson, il n’atteint encore que 84° 17’.
En 1905, il repart avec un nouveau bateau, le Roosevelt, parvient
jusqu’au 87° 6’, mais doit faire demi-tour, après avoir mangé les derniers
chiens et brûlé les traîneaux. Heureusement Peary tue cinq bœufs musqués
et les Eskimos lui sauvent la vie en l’enveloppant dans la peau sanglante
d’un des bœufs.
La victoire
En 1908, à 53 ans, Robert Peary se lance encore à l’assaut du pôle. Le
Roosevelt, qui a embarqué ses amis eskimos, dépose la nouvelle expédition
à Cap Columbia. Il reste à franchir 660 km de banquise pour atteindre
le pôle. Le 22 février 1909, il part avec 24 hommes, 19 traîneaux et
133 chiens. Six groupes ouvriront successivement la marche. Peary, son
Robert Peary
La course au pôle qui avait commencé avec le début du xx' siècle,
allait enfin trouver son vainqueur. L’ingénieur américain Robert E. Peary
méritait la victoire, d’abord parce qu’une expérience de plus de 20 années
passées dans l’Arctique lui avait inspiré des conceptions très différentes de
celles de ses prédécesseurs. Il pensait notamment que la meilleure saison
pour atteindre le pôle était l’hiver tellement redouté de tous les explorateurs : à cette époque en effet la neige et la glace nivelaient le terrain et
comblaient les crevasses. En outre il ne croyait qu’à des expéditions montées
avec le minimum d’équipement, utilisant des traîneaux à chiens et les vêtements eskimos. Enfin Peary était soutenu par la conviction qu’il était
l’homme tout désigné pour parvenir le premier au pôle. « Cette idée fixe
d’atteindre le pôle, a-t-il écrit, était devenue une part tellement importante
de mon existence que je ne pouvais plus me considérer que comme un
instrument à gagner le pôle. »
Depuis l’âge de 30 ans, il s’entraîne à l’effroyable métier d’explorateur
polaire : il traverse le Groenland à deux reprises : un trajet de 1 800 km et
85 jours de marche. Il serait mort de faim sans la rencontre providentielle
de bœufs musqués. En juillet 1898, il se lance dans une course tragique
vers l’ancien campement du capitaine Greely et y trouve des biscuits et des
vivres abandonnés qui lui sauvent la vie. Mais il s’aperçoit que ses orteils
sont gelés. Ses amis eskimos l’attachent sur un traîneau et le ramènent sur
son bateau, le Windward, où il faut malheureusement l’amputer.
Peary, mutilé, ne renonce pas à son rêve. Par trois fois il repart pour
le pôle. En mars 1902, avec un seul traîneau, dix chiens, trois eskimos et
son domestique noir Henson, il n’atteint encore que 84° 17’.
En 1905, il repart avec un nouveau bateau, le Roosevelt, parvient
jusqu’au 87° 6’, mais doit faire demi-tour, après avoir mangé les derniers
chiens et brûlé les traîneaux. Heureusement Peary tue cinq bœufs musqués
et les Eskimos lui sauvent la vie en l’enveloppant dans la peau sanglante
d’un des bœufs.
La victoire
En 1908, à 53 ans, Robert Peary se lance encore à l’assaut du pôle. Le
Roosevelt, qui a embarqué ses amis eskimos, dépose la nouvelle expédition
à Cap Columbia. Il reste à franchir 660 km de banquise pour atteindre
le pôle. Le 22 février 1909, il part avec 24 hommes, 19 traîneaux et
133 chiens. Six groupes ouvriront successivement la marche. Peary, son
