APPENDICE V 287
au commandant McClure, ancien lieutenant de James Ross, pour passer
du Pacifique dans l’Atlantique. Il tenta cet exploit d’abord avec son navire
VInvestigator, puis sur la Resolute, puis à pied, enfin sur VEtoile polaire.
En 1879, le baron suédois Eric Adolph Nordenskjold, suivant les côtes nord
de l’Asie, franchit, à bord de la Vega, le passage du Nord-Est et atteignit
l’océan Pacifique en passant le détroit de Béring. Cet exploit fut réalisé
sans mort d’homme et sans la moindre avarie à son navire.
Vers le pôle
Au cours de toutes les expéditions précédentes la conquête du pôle
lui-même n’avait pas encore été tentée. C’est en 1879 qu’un lieutenant de
la Marine américaine, George Washington de Long, monta à cette intention
une expédition financée par James Gordon Bennett, le propriétaire du
New York Herald, qui avait déjà envoyé Stanley en Afrique à la recherche
de Livingstone.
Le navire de de Long fut écrasé par les glaces et, après une horrible
retraite sur la banquise, le lieutenant et ses compagnons connurent une
agonie de 140 jours.
Autre tragédie, celle du capitaine Adolphus W. Greely, à la tête d’un
petit détachement de l’armée américaine, qui fut déposé à Discovery Harbor,
dans l’île Ellesmere. Les 29 hommes de l’expédition n’ayant pas été ravitaillés comme prévu, se mirent en route vers le Sud et échouèrent sur l’île
Bedford Pym où une expédition de secours ne retrouva que sept survivants,
sept moribonds qui avaient mangé des algues, des lichens, des mouches, des
courroies et même leurs sacs de couchage.
En 1893, un norvégien Fridtjof Nansen conçut le plan audacieux de
se laisser dériver à bord d’un navire emprisonné volontairement par la
banquise. Il espérait ainsi atteindre sinon le pôle au moins une latitude
élevée. Son bateau, le Fram, avait été dessiné et construit pour être soulevé
par les glaces sans être brisé par leur pression énorme.
Isolé sur la banquise pendant deux ans, Nansen acquit la certitude que
le Fram ne serait pas entraîné par la dérive jusqu’au pôle. Il quitta le navire
avec quelques compagnons, des traîneaux et des chiens et partit vers le
Nord. Il parvint jusqu’à 415 kilomètres du pôle, mais dut faire demi-tour.
Il hiverna pendant huit mois sur la Terre François-Joseph, ne vivant que
de la chasse à l’ours et aux morses. Il put finalement regagner la Norvège
au moment où le Fram échappait à l’étreinte des glaces au nord du Spitzberg,
ayant traversé le bassin arctique et atteint 85n 55’ N.
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