278 COMPAGNONS DE PLONGEE
Pour H.B. Collins : « c’est probablement quelque part au nord et à
l’est du lac Baïkal qu’existent les restes inexplorés des ancêtres immédiats
des Eskimos ».
Enfin, comme nous l’avons dit au cours de ce livre, l’anthropologue
soviétique Rudenko reporte jusqu’en Mélanésie l’origine primitive de ce
peuple. Il semble en tout cas acquis que son haut degré de culture, sa
technique de la pierre taillée, son outillage, ne sont pas nés sur place, mais
ont été apportés par ces hommes au cours de leur migration.
R. Gessain a fait remarquer que « les niveaux les plus anciens sont
les plus évolués. Ce sont eux qui présentent le plus haut développement
artistique, la plus grande complexité » (1).
Personne n’a encore pu expliquer pourquoi des hommes, probablement
vers 6 000 ou 8 000 ans avant notre ère, sont venus s’installer dans les
régions les plus inhospitalières du monde. Pour échapper sur le continent
à la poussée d’autres populations ? A la recherche du gibier qui leur faisait
défaut ?
Selon certains historiens, cette migration vers le Nord aurait été provoquée par la dernière glaciation. L’avance des glaces dans l’hémisphère
Nord a repoussé vers le Sud le caribou, le bœuf musqué, le renne. A la fin
de la période glaciaire, ces animaux sont remontés vers le Nord, entraînant
avec eux les chasseurs préhistoriques.
Les Eskimos sont bien en tout cas les derniers chasseurs de la préhistoire : des hommes de l’âge de pierre. Têtes de harpon en os, flèches
de silex, sculptures et gravures sur ivoire retrouvées en abondance dans
l’Arctique, ou encore actuellement en usage, attestent cette filiation avec la
préhistoire.
La grande majorité des Eskimos du Groenland sont métissés. Beaucoup
ont du sang danois. Eux-mêmes ne se nomment plus Eskimos, mais Groenlandais, ou mieux : Kaladlit. Le Danemark a pris en charge le Groenland
depuis 1821 et y a réalisé une œuvre humaine remarquable. L’accroissement
démographique y est continu.
Les Eskimos ont, de tous temps, été des chasseurs, par opposition aux
Lapons, qui sont des éleveurs de rennes.
Les méfaits de la civilisation
En 1962 une expédition scientifique s’est rendue dans l’Arctique avec
mission d’étudier l’effet des radiations nucléaires provoquées par les explo(1) R. Gessain, Les Esquimaux du Groenland à l’Alaska. Paris, Bourrelier, éd.
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