APPENDICE I 267
le nombre et la durée des arrêts à effectuer en fonction de la profondeur
atteinte et du temps passé à cette profondeur : ce sont les « paliers ».
Si la plongée est très breve, 1 organisme n a pas le temps d'absorber
une quantité dangereuse de gaz et les paliers sont inutiles. En revanche,
dès que la profondeur s’accroît, ainsi que la durée de la plongée, les temps
de décompression deviennent considérables.
C’est la raison pour laquelle ont été expérimentées les « maisons sous
la mer ». En effet, le corps du plongeur est saturé de gaz au bout de quelques
heures et reste dans le même état, quelle que soit ensuite la durée de son
séjour. Il y a donc tout avantage à ne le décomprimer qu’une seule fois, au
bout de quelques jours, parfois après un mois passé au fond comme dans
l’expérience Précontinent III. Ainsi une intervention sous-marine de longue
durée se solde par une seule remontée. C’est l’essentiel, car « on ne paie
qu’en sortant », disait Paul Bert.
Pour le retour en surface, une chambre de décompression permet,
durant toute la remontée, de maintenir le plongeur à la pression qu’il subissait au niveau le plus profond, puis de le décomprimer en surface avec la
lenteur voulue et même sous contrôle médical. On peut recourir à l’inhalation
d’oxygène à partir d’une pression égale à celle que subit un plongeur à
moins de 12 mètres.
La Calypso
Pour entreprendre l’exploration en profondeur de toutes les mers du
globe, et mettre en œuvre les nouveaux moyens techniques qu’il avait conçus,
le Commandant Cousteau avait besoin d’un navire de recherches océanographiques d’une conception nouvelle. C’est la Calypso, un ancien dragueur
de mines construit aux Etats-Unis en 1942 pour le compte des Anglais et
qu’il a pu racheter à Malte dans les surplus grâce à la générosité d’un
mécène anglais Loël Guinness.
D’une longueur de 43 mètres, d’une largeur de 7,15 mètres, ce bateau
de 329 tonneaux est solidement construit : double coque en bois, double
bordé, membrures très rapprochées. C’est aussi un bâtiment très maniable
avec un faible tirant d’eau, capable de se glisser dans les couloirs de coraux.
Ses deux moteurs et ses deux hélices lui donnent une vitesse de 10,5 nœuds.
D’importantes modifications ont été apportées à l’ancien dragueur de
mines pour en faire un navire d'exploration scientifique. Un « faux nez » a
été placé devant l’étrave : c’est un puits qui descend à 2,50 mètres sous la
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