180 COMPAGNONS DE PLONGEE
pousse vers le nord les grands blocs de glace flottante des côtes de Sibérie
et de Bristol Bay. Les icebergs défilent devant l’île Saint-Laurent et franchissent le détroit de Béring. Ils parviennent jusqu’à Point Barrow, la limite
la plus septentrionale des glaces d’été.
La plus grande partie du gibier qui hiverne sur la banquise et qui vit
à Bristol Bay utilise ces glaces à la dérive pour se déplacer vers le nord.
En automne, les animaux profitent du courant opposé qui les transporte
sur leurs plates-formes flottantes, vers le sud, où ils trouvent de quoi se
nourrir pendant l’hiver.
Aucun bateau ne peut atteindre l’île Saint-Laurent avant le mois de
juillet. En raison du brouillard, de la neige, du vent parfois très violent, le
transport par avion est toujours problématique, mais il permet toutefois de
ravitailler les Eskimos qui habitent l’île et qui sont beaucoup moins isolés
qu’ils ne l’étaient autrefois.
La plus grosse agglomération est Gambell, ce n’est même pas un
village : une rue unique, bordée d’une cinquantaine de maisons. Il existe
sur l’île Saint-Laurent un autre village où les Eskimos vivent également de
la chasse aux morses : Savoonga.
Nos camarades ont d’abord connu quelques difficultés en raison de la
défection d’un guide eskimo, qui avait été engagé par correspondance, mais
qui avait trouvé une occupation qu’il jugeait plus lucrative.
Heureusement, Ron Church et ses compagnons n’ont pas tardé à trouver
un autre guide plus sérieux, et qui devait devenir notre meilleur conseiller,
en même temps qu’un très bon figurant pour notre film : Vemon Slwooko.
Vent et neige
Il faisait si froid à Gambell que, pendant les premiers jours, tout travail
était impossible. Le vent soufflait du nord-ouest et poussait devant lui de
grosses bourrasques de neige. Impossible, à certains moments, de voir à
quelques mètres devant soi. Il n’y avait pas de soleil, le ciel, quand on
l’apercevait, roulait de lourds nuages gris.
Le guide Vemon a logé l’équipe chez lui moyennant un prix raisonnable. Sa maison comprend une grande pièce, qui sert à la famille de salle
à manger, de chambre à coucher et de salle de bains ; les seuls habitants
sont la femme de Vemon, deux jeunes garçons et un enfant adopté. Les
autres enfants font leurs études sur le continent.
Au premier étage est située la chambre d’amis, où logeaient les trois
Français, au milieu d’un grand amoncellement de matériel : scaphandres,
pousse vers le nord les grands blocs de glace flottante des côtes de Sibérie
et de Bristol Bay. Les icebergs défilent devant l’île Saint-Laurent et franchissent le détroit de Béring. Ils parviennent jusqu’à Point Barrow, la limite
la plus septentrionale des glaces d’été.
La plus grande partie du gibier qui hiverne sur la banquise et qui vit
à Bristol Bay utilise ces glaces à la dérive pour se déplacer vers le nord.
En automne, les animaux profitent du courant opposé qui les transporte
sur leurs plates-formes flottantes, vers le sud, où ils trouvent de quoi se
nourrir pendant l’hiver.
Aucun bateau ne peut atteindre l’île Saint-Laurent avant le mois de
juillet. En raison du brouillard, de la neige, du vent parfois très violent, le
transport par avion est toujours problématique, mais il permet toutefois de
ravitailler les Eskimos qui habitent l’île et qui sont beaucoup moins isolés
qu’ils ne l’étaient autrefois.
La plus grosse agglomération est Gambell, ce n’est même pas un
village : une rue unique, bordée d’une cinquantaine de maisons. Il existe
sur l’île Saint-Laurent un autre village où les Eskimos vivent également de
la chasse aux morses : Savoonga.
Nos camarades ont d’abord connu quelques difficultés en raison de la
défection d’un guide eskimo, qui avait été engagé par correspondance, mais
qui avait trouvé une occupation qu’il jugeait plus lucrative.
Heureusement, Ron Church et ses compagnons n’ont pas tardé à trouver
un autre guide plus sérieux, et qui devait devenir notre meilleur conseiller,
en même temps qu’un très bon figurant pour notre film : Vemon Slwooko.
Vent et neige
Il faisait si froid à Gambell que, pendant les premiers jours, tout travail
était impossible. Le vent soufflait du nord-ouest et poussait devant lui de
grosses bourrasques de neige. Impossible, à certains moments, de voir à
quelques mètres devant soi. Il n’y avait pas de soleil, le ciel, quand on
l’apercevait, roulait de lourds nuages gris.
Le guide Vemon a logé l’équipe chez lui moyennant un prix raisonnable. Sa maison comprend une grande pièce, qui sert à la famille de salle
à manger, de chambre à coucher et de salle de bains ; les seuls habitants
sont la femme de Vemon, deux jeunes garçons et un enfant adopté. Les
autres enfants font leurs études sur le continent.
Au premier étage est située la chambre d’amis, où logeaient les trois
Français, au milieu d’un grand amoncellement de matériel : scaphandres,
