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une île prisonnière du froid
VENT ET NEIGE — HOSPITALITÉ ESKIMO — SORTIE EN OUMIAK
UN PATRIARCHE — PLONGÉE A L'OXYGÈNE
LES CAMÉRAS VICTIMES DU FROID — DES HOMMES ET DES MORSES
DES DÉFENSES QUI SERVENT DE PIOLET
Pour poursuivre le film sur les morses dans leur habitat naturel de
l’Arctique, j’ai envoyé en reconnaissance, plus au nord, à l’entrée du détroit
de Béring, une première équipe composée de Ron Church, Louis Prezelin
et François Dorado.
Ils sont partis par avion de Los Angeles le l,r mai 1970, et ils ont
gagné Nome dans l’Alaska. C’est là qu’ils ont acheté leurs provisions et leur
équipement pour lutter contre le froid. Ils ont décollé de Los Angeles par
le soleil et la grosse chaleur, mais à Nome, il neigeait. La mer était encore
encombrée de blocs de glace.
Un avion les a amenés à Gambell, sur l’île Saint-Laurent. Il neigeait
toujours, et il faisait déjà froid : — 8 à — 10". L’île est une longue masse
de terre de 90 kilomètres qui est située à 200 miles environ de Nome, et à
peu près à mi-chemin entre l’Alaska et la Sibérie. A partir du mois de
novembre, elle disparaît entièrement sous la neige et la glace. C’est une île
prisonnière du froid. Cette année-là, la saison d’hiver s’est prolongée anormalement tard : en mai, le dégel n’avait pas encore commencé, alors qu’il
se produit généralement en avril.
Le morse, amphibie et migrateur, est le maître incontesté des solitudes
polaires, où il fait retentir ses meuglements d’un accent pathétique. On ne
le trouve plus désormais que dans l’océan Glacial Arctique, dans les parages
du détroit de Béring, et au nord du Groenland.
Chaque année, pendant le mois de mai, un puissant courant marin
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