14 COMPAGNONS DE PLONGEE
tique. Un dur travail d’archéologie sous-marine nous attendait aux Caraïbes.
Après quoi, nous gagnerions le plus grand océan du monde : le Pacifique.
Mais nous n’en avions pas fini avec 1 océan Indien. Entre Port Elizabeth
et le cap des Aiguilles, extrême pointe de l’Afrique, je me proposais d’envoyer
plusieurs équipes explorer des îlots peu connus, des « cailloux » inhabités
où nous avions chance de voir et de filmer des animaux qui n’avaient pas
encore été effrayés par les hommes.
Les îlots qui nous offraient les meilleures chances constituaient un
archipel aux environs de Port Elizabeth : les Black Rocks. Nous les avons
visités à plusieurs reprises, et nous y avons presque toujours fait du bon
travail.
Chez les fous
L’un de ces cailloux noirs était l’île Bird, où nous espérions filmer des
phoques.
L’Afrique du Sud protège très efficacement les animaux. Nos trois
chalands débarquent sur l’île, avec le matériel de plongée et de cinéma ; une
grosse houle et une barre très dure menacent de retourner les embarcations.
Mais l’île n’est pas déserte, le gardien de phare nous attend, et il nous
réclame une autorisation que nous n’avons pas. Nous promettons, un peu
penauds, d’aller chercher à Port Elizabeth le papier indispensable.
Nous pouvons tout de même visiter l’île, et nous sommes émerveillés
par la multitude des oiseaux de mer. C’est une immense population de fous*
blancs et noirs. L’île fait 300 ou 400 mètres de large. Elle est recouverte
de guano qu’on exploite. On le ramasse trois fois par an ; au total, la
récolte atteint 100 tonnes.
Les oiseaux se tiennent serrés les uns contre les autres, formant une
masse compacte et piaillante. Pour marcher, il faut presque les pousser du
pied. Ils sont magnifiques, avec un bec vert et une tête jaune. Le charivari
est assourdissant. Nous découvrons, avec étonnement, que les fous si étroitement tassés, laissent libre au milieu d’eux, une piste d’envol qui évoque
une piste d’aérodrome. Les oiseaux attendent leur tour pour prendre l’air.
Les fous plongent, sans arrêt, entre l’île et la Calypso. Ils pêchent,
s enfonçant en piqué sous la surface à 2 ou 3 mètres, et comme les eaux
sont très riches, ils ramènent, presque à chaque coup, dans leur bec, un
poisson argenté qui se tord en faisant pleuvoir des gouttes d’eau. L’oiseau
rexient vers lîle et retrouve immédiatement son nid sur lequel veille la
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