DES FOUS, DES MANCHOTS ET DES OTARIES 15
femelle. Le cou dressé, elle guette son arrivée. A coups de bec, lancés contre
ses voisins, elle lui fait un peu de place, et il se laisse tomber comme une
pierre, en lui offrant la proie qu’il porte.
La situation météo se dégrade rapidement. Nous rentrons à bord de
la Calypso qui lève l’ancre vers 16 heures, et fait route, assaillie sur l’arrière
par d’assez beaux paquets de mer. Le vent souffle à 40 nœuds. Nous prenons
la décision de nous mettre à l’abri à Port Elizabeth.
L’île Sainte-Croix
Dimanche 25 février. Mon fils Jean-Michel, qui a assuré en Afrique
du Sud notre ravitaillement et toute l’organisation matérielle de l’expédition,
a été alerté par radio. Il vient à bord, et nous annonce que nous aurons sans
doute demain les autorisations nécessaires.
Des plongeurs locaux proposent d’emmener une équipe visiter l’île
Sainte-Croix. Falco et Bonnici partent en reconnaissance. Nous saurons
ainsi si l’île mérite une visite de la Calypso. Nos amis partent dans une
Land-Rover qui remorque un bateau plat, où sont fixés deux moteurs horsbord de 18 ch. A 30 miles de Capetown, ils stoppent sur une grande plage
où les rouleaux se brisent avec fracas. Le bateau est mis à la mer et part
à toute allure dans les vagues. Les passagers s’accrochent à tout ce qui fait
saillie dans l’embarcation. Le franchissement de la barre est plutôt brutal,
le bateau décolle complètement, et va s’abattre un ou deux mètres plus loin.
Tous les occupants retombent pêle-mêle les uns sur les autres. Le voisin de
Bonnici, qui est une espèce de géant, tombe sur lui de tout son poids, et
manque de lui casser un bras. On est sportif, en Afrique du Sud, et on n’est
pas mécontent d’épater un peu les frenchmen. Mais tout cela est sympathique.
En une demi-heure, l’île Sainte-Croix est atteinte. Grâce au petit
bateau, les rouleaux sont franchis : les vagues font quatre ou cinq mètres
de haut. Enfin, l’embarcation est mouillée par petits fonds, et les plongeurs
finissent le trajet à la nage.
Le tuyau des Sud-Africains est bon : Sainte-Croix est l’île des manchots*. Ces oiseaux étranges l’ont totalement colonisée. C’est la première
fois que Falco et Bonnici en rencontrent un pareil peuplement. Il y en a
jusqu’au sommet de l’île, à une trentaine de mètres de haut. Sur le point
culminant, ils voisinent avec des goélands* et des cormorans* tout noirs,
dont les becs rouges font des taches éclatantes.
Les manchots sont des oiseaux qui ne volent pas. Ils sont cantonnés
dans l’hémisphère Sud.
femelle. Le cou dressé, elle guette son arrivée. A coups de bec, lancés contre
ses voisins, elle lui fait un peu de place, et il se laisse tomber comme une
pierre, en lui offrant la proie qu’il porte.
La situation météo se dégrade rapidement. Nous rentrons à bord de
la Calypso qui lève l’ancre vers 16 heures, et fait route, assaillie sur l’arrière
par d’assez beaux paquets de mer. Le vent souffle à 40 nœuds. Nous prenons
la décision de nous mettre à l’abri à Port Elizabeth.
L’île Sainte-Croix
Dimanche 25 février. Mon fils Jean-Michel, qui a assuré en Afrique
du Sud notre ravitaillement et toute l’organisation matérielle de l’expédition,
a été alerté par radio. Il vient à bord, et nous annonce que nous aurons sans
doute demain les autorisations nécessaires.
Des plongeurs locaux proposent d’emmener une équipe visiter l’île
Sainte-Croix. Falco et Bonnici partent en reconnaissance. Nous saurons
ainsi si l’île mérite une visite de la Calypso. Nos amis partent dans une
Land-Rover qui remorque un bateau plat, où sont fixés deux moteurs horsbord de 18 ch. A 30 miles de Capetown, ils stoppent sur une grande plage
où les rouleaux se brisent avec fracas. Le bateau est mis à la mer et part
à toute allure dans les vagues. Les passagers s’accrochent à tout ce qui fait
saillie dans l’embarcation. Le franchissement de la barre est plutôt brutal,
le bateau décolle complètement, et va s’abattre un ou deux mètres plus loin.
Tous les occupants retombent pêle-mêle les uns sur les autres. Le voisin de
Bonnici, qui est une espèce de géant, tombe sur lui de tout son poids, et
manque de lui casser un bras. On est sportif, en Afrique du Sud, et on n’est
pas mécontent d’épater un peu les frenchmen. Mais tout cela est sympathique.
En une demi-heure, l’île Sainte-Croix est atteinte. Grâce au petit
bateau, les rouleaux sont franchis : les vagues font quatre ou cinq mètres
de haut. Enfin, l’embarcation est mouillée par petits fonds, et les plongeurs
finissent le trajet à la nage.
Le tuyau des Sud-Africains est bon : Sainte-Croix est l’île des manchots*. Ces oiseaux étranges l’ont totalement colonisée. C’est la première
fois que Falco et Bonnici en rencontrent un pareil peuplement. Il y en a
jusqu’au sommet de l’île, à une trentaine de mètres de haut. Sur le point
culminant, ils voisinent avec des goélands* et des cormorans* tout noirs,
dont les becs rouges font des taches éclatantes.
Les manchots sont des oiseaux qui ne volent pas. Ils sont cantonnés
dans l’hémisphère Sud.
