108 C OMPAGNONS DF PLONGEE
le plus grand mâle ; à droite, quatre ou cinq femelles avec un plus petit
mâle. Vers 8 heures, le plus grand mâle s’est mis à l'eau et, lentement, toutes
ses femelles l'ont suivi.
Ce patriarche mesurait plus de 5 mètres de long, mais on sait qu'il
existe des Mirounga encore plus grands. Ils peuvent atteindre 7 mètres de
long. Sa trompe devait faire 60 centimètres. Toute la famille a commencé à
jouer dans les vagues jusqu’à ce que le mâle disparaisse. Finalement, tous
les éléphants de mer qui étaient sur la plage, sauf les bébés, se mirent à
l’eau et se roulèrent dans le ressac.
Rodéo
L’approche prudente, les caresses, l’offrande des poissons vivants
n’ayant donné à peu près aucun résultat, il fut décidé d’employer une autre
tactique. Philippe avait appris, au cours de ses lectures, qu’un éléphant de
mer dont la trompe est immobilisée devient tout à coup docile.
Il fut décidé que l’expérience serait tentée sur un mâle de taille
moyenne.
Bernard Delemotte choisit une grosse corde pour en faire un lasso qui
ne blesse pas l’animal, Serge Foulon se mit à l’eau pour approcher sa victime
en arrivant de la mer. Ses camarades prirent place sur la plage, au bord de
l’eau, de façon à ne rien perdre de la scène. Serge rampait sur les galets.
Aussitôt qu’il le vit, le grand mâle vint à lui en rugissant férocement. Son
cri de guerre se répercutait entre les parois rocheuses de la faille qui s’ouvre
au-dessus de la plage. L’animal se précipitait, chassant devant lui les galets
de sa masse formidable, dans un grand bruit de locomotive. Pendant un
moment, l’équipe eut peur pour Serge, car il paraissait bien petit à côté de
l’éléphant de mer. Tout le monde avait vu ce mâle couper un morceau de
bois aussi grand que trois bâtes de baseball d’un seul coup de sa puissante
mâchoire. Par son seul poids, il aurait pu écraser un homme. Mais Serge
comptait mettre à profit la maladresse de l’animal, et grâce à son agilité
il évita le danger. Comme un vrai cow boy, il lança son lasso et attrapa la
trompe dans la boucle au premier essai. Alors la vraie lutte commença ; au
lieu de devenir docile et de se laisser apprivoiser, le « monstre », rendu
furieux par la corde, secouait la tête, se débattait, poussait des rugissements.
Il attaqua de nouveau Serge avec vigueur, puis se dirigea vers la pleine mer,
traînant Serge et Bernard Delemotte qui s’accrochaient au lasso. Philippe
ne pouvait s’empêcher de rire en voyant les deux cow boys sortir de l’eau,
le plus grand mâle ; à droite, quatre ou cinq femelles avec un plus petit
mâle. Vers 8 heures, le plus grand mâle s’est mis à l'eau et, lentement, toutes
ses femelles l'ont suivi.
Ce patriarche mesurait plus de 5 mètres de long, mais on sait qu'il
existe des Mirounga encore plus grands. Ils peuvent atteindre 7 mètres de
long. Sa trompe devait faire 60 centimètres. Toute la famille a commencé à
jouer dans les vagues jusqu’à ce que le mâle disparaisse. Finalement, tous
les éléphants de mer qui étaient sur la plage, sauf les bébés, se mirent à
l’eau et se roulèrent dans le ressac.
Rodéo
L’approche prudente, les caresses, l’offrande des poissons vivants
n’ayant donné à peu près aucun résultat, il fut décidé d’employer une autre
tactique. Philippe avait appris, au cours de ses lectures, qu’un éléphant de
mer dont la trompe est immobilisée devient tout à coup docile.
Il fut décidé que l’expérience serait tentée sur un mâle de taille
moyenne.
Bernard Delemotte choisit une grosse corde pour en faire un lasso qui
ne blesse pas l’animal, Serge Foulon se mit à l’eau pour approcher sa victime
en arrivant de la mer. Ses camarades prirent place sur la plage, au bord de
l’eau, de façon à ne rien perdre de la scène. Serge rampait sur les galets.
Aussitôt qu’il le vit, le grand mâle vint à lui en rugissant férocement. Son
cri de guerre se répercutait entre les parois rocheuses de la faille qui s’ouvre
au-dessus de la plage. L’animal se précipitait, chassant devant lui les galets
de sa masse formidable, dans un grand bruit de locomotive. Pendant un
moment, l’équipe eut peur pour Serge, car il paraissait bien petit à côté de
l’éléphant de mer. Tout le monde avait vu ce mâle couper un morceau de
bois aussi grand que trois bâtes de baseball d’un seul coup de sa puissante
mâchoire. Par son seul poids, il aurait pu écraser un homme. Mais Serge
comptait mettre à profit la maladresse de l’animal, et grâce à son agilité
il évita le danger. Comme un vrai cow boy, il lança son lasso et attrapa la
trompe dans la boucle au premier essai. Alors la vraie lutte commença ; au
lieu de devenir docile et de se laisser apprivoiser, le « monstre », rendu
furieux par la corde, secouait la tête, se débattait, poussait des rugissements.
Il attaqua de nouveau Serge avec vigueur, puis se dirigea vers la pleine mer,
traînant Serge et Bernard Delemotte qui s’accrochaient au lasso. Philippe
ne pouvait s’empêcher de rire en voyant les deux cow boys sortir de l’eau,
