UN OURAGAN A GUADALUPE 109
vaincus, et jurant qu ils ne croiraient jamais plus ce qui est écrit dans les
livres. Ils se laissèrent tomber sur la plage, épuisés.
Le matin suivant, le grand mâle était de retour, surveillant ses femelles
comme avant.
Les chèvres
L’île était peuplée de chèvres, descendantes de celles qui. voici longtemps. avaient été abandonnées par des baleiniers ou des flibustiers. La
proie était tentante pour des robinsons avides de viande fraîche. Bien qu’ils
fussent adversaires déclarés des meurtres inutiles, il ne leur parut pas
sacrilège de prélever une victime sur ce troupeau sauvage qui. d’ailleurs,
avait mis à mal toute la végétation de l’île.
Au surplus, les gardes-côtes mexicains avaient montré l’exemple.
Deux des plongeurs, les plus doués pour l’escalade, partirent à l'aube
et revinrent dans l’après-midi, à bout de forces.
Ces chèvres, à les entendre, étaient des acrobates diaboliques, sautant
de rocher en rocher, inapprochables et d’une incroyable astuce. Ils en
rapportaient pourtant une, qui fut vidée, dépouillée et bel et bien mangée.
Cette chèvre s’était détachée du troupeau dont elle avait couvert la fuite
en attaquant les chasseurs. C’était une héroïne dans le monde des capridés.
Une nuit de cauchemar
Dans les premiers jours de mars, alors que la mission touchait à sa
fin, il y eut une brusque saute de vent. Le soir, tout annonçait la tempête,
mais l’équipe était fatiguée, et après avoir arrimé quelques toiles et le zodiac
qui risquaient d’être emportés, les hommes épuisés par leurs dures plongées
de la journée s’endormirent très vite.
Vers 3 heures du matin, les rafales étaient si fortes qu'un premier
piquet de tente se tordit. Les autres en firent autant peu après. L’équipe se
Ce mâle, un des maîtres de la plage, sort de la mer pour aller rejoindre ses épouses.
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