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chutes d’eau à la nage. La reproduction a lieu sur fond de graviers, en
plusieurs phases, dans un sillon long et profond creusé par la femelle
dont les ovules sont fécondés habituellement par un mâle de bonne taille, souvent assisté de jeunes dont la laitance peut mieux atteindre le fond
du sillon. Ce dernier est ensuite fermé par la femelle et, la reproduction
terminée, les géniteurs qui ont perdu jusqu’à 40 % de leur poids (Charognards) meurent pour la plupart de misère physiologique. Les rescapés
(environ 5 %) regagnent la mer et, après une période de restauration (1 à
2 ans), peuvent à nouveau frayer (très rarement une 3e et même une
4e ponte). Les remontées sont échelonnées, les plus âgés arrivant les premiers, d’octobre à mars, les plus jeunes (Madeleinaux), en majorité des
mâles, en juin-juillet seulement. La ponte étant hivernale, le séjour en
eau douce varie donc de 5 à 14 mois. Le déterminisme de cette migration n’est pas totalement connu et semble dépendre à la fois de stimulus
physicochimiques et de la modification des glandes endocrines. Pendant
leur séjour en eau douce les Saumons jeûnent, mais réagissent toutefois
au leurre, par réflexe d’attaque semble-t-il. Les mâles livrent combat
pour la possession des femelles. Les jeunes qui ne peuvent gagner la mer
forment quelquefois des colonies en eau douce, généralement atteintes
de nanisme. Voraces, les Saumons poursuivent activement leurs proies,
poissons ou crustacés habituellement.
Description : Jeunes, 8-10 bandes transversales bleu verdâtre sur les
flancs, se raccordant à la teinte du dos, avec une série de taches rouges
intermédiaires. En mer, dos gris ardoise bleuté, flancs argentés, ventre
nacré. De petites taches noires arrondies ou étoilées sur la tête et le
corps. Nageoires grisâtres. A la remontée, livrée nuptiale plus sombre,
lavée de brun rougeâtre et de jaune verdâtre, mouchetée de rouge avec
des petites taches sombres cerclées de clair. Lors de la reproduction, la
mandibule des mâles (rarement des femelles) s’allonge et s’incurve en
forme de crochet (Bécards). — Branchiospines : 17-24. — Écailles : 115130. — Nageoires : D 12-15. A 9-12. — Taille : 1,60 m pour 35 kg.
Salmo trutta trutta Linné, 1758 . Pl. III. p. 67.
Truite de mer
All. Meerforelle. Ang. Sea Trout. Esp. Trucha marina. It. Trota marina.
Distribution : La même que pour le Saumon. Signalée en Méditerranée, mais aurait alors pour origine un alevinage de souche nordique. —
Biotope, mœurs, pêche : Les mêmes que pour le Saumon. Toutefois les
migrations en mer sont moins importantes et la plupart des géniteurs se
reproduisent normalement un certain nombre de fois. Séjour juvénile de
1 à 5 ans en rivière, puis de 6 mois à 5 ans en mer. Chair quelquefois
saumonée due à la fois à la nourriture (crustacés) et à des caractères
héréditaires. La Truite de mer n’est qu’une forme ayant conservé ses
habitudes ancestrales. L’espèce peuple plus généralement les eaux douces, claires, froides, bien oxygénées, et chaque lac, chaque rivière et
même chaque secteur de rivière abrite une variété locale distincte par sa
coloration, sa forme et sa taille.
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