LE NEZ DE COUSTEAU
mon dossier ; il a parlé de cent choses à propos des épaves. Et il
me demande d’y aller...
La panique !
Je sais maintenant, pour l’avoir pratiqué pendant presque
quarante années, que le commandant Cousteau agit toujours
de la sorte. Il se moque des diplômes et des plans de carrière.
Quand il doit embaucher quelqu’un, il parle d’autre chose. Il
surprend son interlocuteur et le regarde réagir. Il cherche à
« sentir » le candidat, davantage qu’il ne le cuisine sur ses
connaissances ou qu’il ne détaille ses états de service. Cela lui
permet de se faire une opinion précise de ses capacités
d’adaptation et de sa maîtrise. Si la première impression est
favorable, il teste le bonhomme sur pièces. En vraie grandeur...
Sur le coup, je me sens complètement perdu. J’ai de la peine
à comprendre la mission que je dois accomplir. Je me fais tout
réexpliquer en détail par Frédéric Dumas, qui m’impressionne
moins que le Pacha et semble vouloir déployer à mon égard
une patience d’instituteur. Je saisis, finalement, que je dois
descendre à quarante-cinq mètres pour démonter la buse de la
suceuse.
Je n’ai jamais vu de suceuse, même si j’en ai entendu parler.
Cet aspirateur géant, dont le tuyau annelé mesure cent vingt
millimètres de diamètre, sert à déblayer le sédiment du fond,
afin de découvrir les pièces archéologiques enfouies dans le
sable. L’engin est en panne. Il faut réparer. Et c’est à moi qu’il
incombe d’aller chercher la buse !
Tandis qu’on m’aide à passer une combinaison de néoprène,
je songe qu’il risque d’y avoir une autre buse dans l’histoire : le
jeune Falco !... A ce jour, je n’ai plongé qu’une trentaine de fois
en scaphandre autonome : c’est assez court, comme expérience... J’enfile l’habit. Je chausse les palmes. J’endosse avec
un rien d’angoisse les lourdes bouteilles. Frédéric Dumas me
rappelle le fonctionnement de l’appareil. Je règle le détendeur . l’air vient régulièrement. Tout fonctionne, mais... En
95
mon dossier ; il a parlé de cent choses à propos des épaves. Et il
me demande d’y aller...
La panique !
Je sais maintenant, pour l’avoir pratiqué pendant presque
quarante années, que le commandant Cousteau agit toujours
de la sorte. Il se moque des diplômes et des plans de carrière.
Quand il doit embaucher quelqu’un, il parle d’autre chose. Il
surprend son interlocuteur et le regarde réagir. Il cherche à
« sentir » le candidat, davantage qu’il ne le cuisine sur ses
connaissances ou qu’il ne détaille ses états de service. Cela lui
permet de se faire une opinion précise de ses capacités
d’adaptation et de sa maîtrise. Si la première impression est
favorable, il teste le bonhomme sur pièces. En vraie grandeur...
Sur le coup, je me sens complètement perdu. J’ai de la peine
à comprendre la mission que je dois accomplir. Je me fais tout
réexpliquer en détail par Frédéric Dumas, qui m’impressionne
moins que le Pacha et semble vouloir déployer à mon égard
une patience d’instituteur. Je saisis, finalement, que je dois
descendre à quarante-cinq mètres pour démonter la buse de la
suceuse.
Je n’ai jamais vu de suceuse, même si j’en ai entendu parler.
Cet aspirateur géant, dont le tuyau annelé mesure cent vingt
millimètres de diamètre, sert à déblayer le sédiment du fond,
afin de découvrir les pièces archéologiques enfouies dans le
sable. L’engin est en panne. Il faut réparer. Et c’est à moi qu’il
incombe d’aller chercher la buse !
Tandis qu’on m’aide à passer une combinaison de néoprène,
je songe qu’il risque d’y avoir une autre buse dans l’histoire : le
jeune Falco !... A ce jour, je n’ai plongé qu’une trentaine de fois
en scaphandre autonome : c’est assez court, comme expérience... J’enfile l’habit. Je chausse les palmes. J’endosse avec
un rien d’angoisse les lourdes bouteilles. Frédéric Dumas me
rappelle le fonctionnement de l’appareil. Je règle le détendeur . l’air vient régulièrement. Tout fonctionne, mais... En
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