CAPITAINE DE LA CALYPSO
abaissant mon masque sur ma figure, j’ai franchement la
trouille. Quarante-cinq mètres, ça commence à faire profond...
Le sort en est jeté. Je descends l’échelle de plongée. Je suis à
l’eau. Pour me calmer, je respire le plus lentement possible. Je
m’enfonce en me guidant sur le tuyau annelé de la suceuse, qui
disparaît à la verticale dans le bleu. Pendant la descente, je
croise des dizaines de poissons, notamment de bogues, qui
dînent sur le tube de métal piqueté d’algues moussues.
J’admire les éclairs d’argent de leurs ventres : des clignotements de miroir aux alouettes.
Comme tous les novices, et même comme les plongeurs les
plus expérimentés, je m’attends à trouver sur le plancher de la
mer une coque entière avec son chargement et (pourquoi pas ?)
sa mâture et ses voiles... L’image de l’épave parfaite (telle
qu’on ne la rencontre jamais, sauf dans les bandes dessinées)
possède une force incroyable.
Tout ce que je découvre, à trente mètres, c’est un tumulus
de sable gris, de vingt mètres de longueur sur huit de large,
d’où dépassent les cols de dizaines d’amphores. Au-dessous de
cet amoncellement de poteries commence une cascade de
sédiments et de débris de céramique, qui finit sur un replat à
quarante-cinq mètres. Le choc a dû être effroyable, lorsque le
navire a heurté le rocher du Grand Conclu, avant d’abandonner une partie de son chargement à trente mètres, puis de
glisser lourdement jusqu’à l’étage inferieur...
abaissant mon masque sur ma figure, j’ai franchement la
trouille. Quarante-cinq mètres, ça commence à faire profond...
Le sort en est jeté. Je descends l’échelle de plongée. Je suis à
l’eau. Pour me calmer, je respire le plus lentement possible. Je
m’enfonce en me guidant sur le tuyau annelé de la suceuse, qui
disparaît à la verticale dans le bleu. Pendant la descente, je
croise des dizaines de poissons, notamment de bogues, qui
dînent sur le tube de métal piqueté d’algues moussues.
J’admire les éclairs d’argent de leurs ventres : des clignotements de miroir aux alouettes.
Comme tous les novices, et même comme les plongeurs les
plus expérimentés, je m’attends à trouver sur le plancher de la
mer une coque entière avec son chargement et (pourquoi pas ?)
sa mâture et ses voiles... L’image de l’épave parfaite (telle
qu’on ne la rencontre jamais, sauf dans les bandes dessinées)
possède une force incroyable.
Tout ce que je découvre, à trente mètres, c’est un tumulus
de sable gris, de vingt mètres de longueur sur huit de large,
d’où dépassent les cols de dizaines d’amphores. Au-dessous de
cet amoncellement de poteries commence une cascade de
sédiments et de débris de céramique, qui finit sur un replat à
quarante-cinq mètres. Le choc a dû être effroyable, lorsque le
navire a heurté le rocher du Grand Conclu, avant d’abandonner une partie de son chargement à trente mètres, puis de
glisser lourdement jusqu’à l’étage inferieur...
