CAPITAINE DE LA CALYPSO
dotent de son portique, de sa passerelle, de ses deux bossoirs,
de sa cheminée et de son panneau orné de la sirène et du
dauphin blancs dans un rectangle vert (le graphisme original
est du peintre Luc-Marie Bayle). En un mot, ils lui fournissent
sa silhouette, reconnaissable entre toutes. Ils la repeignent : en
blanc pour les hautes œuvres ; en noir du pont jusqu’à la
flottaison...
Pendant l’été de 1951, tandis que je navigue avec mes amis
sur le Hou Hop dans les eaux de la Corse (et aux îles Lavezzi, en
quête d’épaves antiques), la Calypso accomplit ses premiers
essais de navire océanographique... en Corse, notamment aux
îles Lavezzi, à quelques milles de ma barque... J’avoue que je
ne me rappelle pas l’avoir vue ; mais, dans mon imagination,
elle nous a souvent salués.
Après la Corse, la Calypso met le cap à l’est et traverse la
Méditerranée ; en novembre, elle franchit le canal de Suez ; en
mer Rouge, elle cingle vers l’archipel des Far-San (Farsan, ou
Farasan). Les plongeurs, basés sur l’îlot d’Abulat, s’immergent dans des splendeurs de coraux que personne encore, à
cette époque, n’a contemplées. Ils découvrent de nouvelles
espèces de plantes et d’animaux (dont certaines sont scientifiquement qualifiées de « calypseus » ou de « cousteaui »). Ils
observent, pour la première fois au monde, des sources
hydrothermales chaudes au fond de la mer. Haroun Tazieff
fait partie de la mission et se passionne pour ces manifestations
de volcanisme sous-marin... Le petit film en noir et blanc que
l’équipe rapporte de cette épopée, tourné par le cinéaste
Jacques Ertaud, le commandant Cousteau et Frédéric Dumas,
grâce à l’utilisation systématique du scaphandre CousteauGagnan, émerveille les spectateurs. Lorsque je le vois, dans un
petit cinéma de Marseille, je n’ai qu’une envie : rejoindre cette
équipe-là. Descendre, moi aussi, saluer les poissons-anges et
les poissons-perroquets, les rascasses volantes et les poissonsnapoléons, les alcyonaires roses, les gorgones écarlates et les
énormes bénitiers aux lèvres bleu roi...
Le 12 août 1952, je suis en Corse, de nouveau, pour
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dotent de son portique, de sa passerelle, de ses deux bossoirs,
de sa cheminée et de son panneau orné de la sirène et du
dauphin blancs dans un rectangle vert (le graphisme original
est du peintre Luc-Marie Bayle). En un mot, ils lui fournissent
sa silhouette, reconnaissable entre toutes. Ils la repeignent : en
blanc pour les hautes œuvres ; en noir du pont jusqu’à la
flottaison...
Pendant l’été de 1951, tandis que je navigue avec mes amis
sur le Hou Hop dans les eaux de la Corse (et aux îles Lavezzi, en
quête d’épaves antiques), la Calypso accomplit ses premiers
essais de navire océanographique... en Corse, notamment aux
îles Lavezzi, à quelques milles de ma barque... J’avoue que je
ne me rappelle pas l’avoir vue ; mais, dans mon imagination,
elle nous a souvent salués.
Après la Corse, la Calypso met le cap à l’est et traverse la
Méditerranée ; en novembre, elle franchit le canal de Suez ; en
mer Rouge, elle cingle vers l’archipel des Far-San (Farsan, ou
Farasan). Les plongeurs, basés sur l’îlot d’Abulat, s’immergent dans des splendeurs de coraux que personne encore, à
cette époque, n’a contemplées. Ils découvrent de nouvelles
espèces de plantes et d’animaux (dont certaines sont scientifiquement qualifiées de « calypseus » ou de « cousteaui »). Ils
observent, pour la première fois au monde, des sources
hydrothermales chaudes au fond de la mer. Haroun Tazieff
fait partie de la mission et se passionne pour ces manifestations
de volcanisme sous-marin... Le petit film en noir et blanc que
l’équipe rapporte de cette épopée, tourné par le cinéaste
Jacques Ertaud, le commandant Cousteau et Frédéric Dumas,
grâce à l’utilisation systématique du scaphandre CousteauGagnan, émerveille les spectateurs. Lorsque je le vois, dans un
petit cinéma de Marseille, je n’ai qu’une envie : rejoindre cette
équipe-là. Descendre, moi aussi, saluer les poissons-anges et
les poissons-perroquets, les rascasses volantes et les poissonsnapoléons, les alcyonaires roses, les gorgones écarlates et les
énormes bénitiers aux lèvres bleu roi...
Le 12 août 1952, je suis en Corse, de nouveau, pour
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