LE NEZ DE COUSTEAU
scaphandres autonomes qu’il a inventés pendant la guerre
avec son ami l’ingénieur Emile Gagnan.
Je pourrais aussi rencontrer Cousteau en juillet 1950, à
Monaco. Tandis que je visite le Musée océanographique,
fasciné par les exploits du prince Albert Ier (le princeocéanographe, qui courut le monde sur ses navires PrincesseAlice I et II et Hirondelle I et H), le commandant est occupé, à
moins de vingt kilomètres de là, à signer le contrat d’acquisition de la Calypso...
Mon ami Alexis Sivirine (aujourd’hui disparu) raconte
l’épisode dans son livre Calypso1 : « Lorsque le capitaine de
corvette Jacques-Yves Cousteau obtient, en 1950, de la Marine
nationale sa mise en mission hors cadre pour se consacrer en
toute liberté à l’exploration des mers, il cherche à se procurer
le navire idéal. Il a la chance de rencontrer M. André Auniac,
directeur du chantier naval d’Antibes, qui le met en rapport
avec M. Loël Guinness. Celui-ci, passionné par la mer, offre à
Cousteau de financer l’achat et l’armement d’un navire. En
compagnie de M. H. Rambaud, architecte naval, Cousteau se
rend à Malte où il trouve un ex-dragueur de mines nommé
Calypso, dont la coque est en excellent état et dont les
caractéristiques correspondent à ses espérances. Le contrat de
vente de la Calypso est signé le 19 juillet 1950, à Nice, avec
M. Joseph Gazan, venu exprès de Malte. »
1. Aux éditions Robert Laffont, 1978.
Le 19 juillet 1950, je me trouve, avec le Surcouf, tout près de
l’homme qui acquiert la Calypso grâce à la générosité d’un
mécène britannique...
Un peu plus tard, au cours de l’hiver 1950-1951, tandis que
mes compagnons et moi travaillons à Sormiou, dans une sorte
de fièvre, a aménager la coque du Hou Hop, d’autres fous de la
mer œuvrent au chantier naval d’Antibes. Ils modifient ce
bateau qui deviendra fameux, et qui s’appelle déjà la Calypso.
Ils lui donnent son faux nez (et ses hublots d’étrave, par
lesquels on voit le dessous de la mer à l’avant du navire). Ils la
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