LES FANTAISIES DU HOU HOP
d’aluminium et en cordons taillés dans des chambres à air de
camion... Le luxe !
Les premiers essais se déroulent au large de Marseille, entre
les îles du Frioul. Le Hou Hop tient encore mieux la mer que je
ne l’espérais. Il est solide comme le cachalot et léger comme la
mouette. Il se rit des vagues et des paquets de mer.
Un an après l’épopée du Sourcouf, nos congés de juillet sont
l’occasion d’un second voyage en Corse.
Nous levons l’ancre que Poup a mouillée : le cordage forme
un sac de nœuds semblable aux palangrottes des pescadous
amateurs de Sormiou ou des Goudes. Poup n’a jamais été doué
pour le maniement des filins. L’Oncle le lui fait savoir une fois
de plus, dans une bordée de jurons.
A la fin de la litanie, le Hou Hop fend si joliment l’eau du
Vieux Port que nous poussons un triple « hou ! hop ! » de
bonheur. Nous passons près des vestiges des piliers du pont
transbordeur, que les Allemands ont détruit à la Libération.
Nous laissons sur notre droite le fort Saint-Jean. Nous saluons
les jetées du Pharo.
Cap sur la Corse.
Il ne nous faut qu’un jour et une nuit pour traverser. A
l’aube, les îles Sanguinaires justifient leur nom dans un
embrasement de roches écarlates. L’odeur du maquis nous
emplit la narine. Nous passons sous la tour de la Parata. Plutôt
que de rallier Ajaccio, nous décidons de nous offrir un séjour
aux Sanguinaires.
Nous mouillons dans une anse de la Grande Sanguinaire,
précisément sous la tour de la Parata. Nous installons notre
camp dans une ruine. Nous escaladons la vieille bâtisse
génoise, du haut de laquelle les guetteurs voyaient venir de
plus de vingt kilomètres les pirates barbaresques.
Les îles Sanguinaires sont réputées pour leur beauté, mais
aussi pour leur aridité. Pas la moindre goutte d’eau à espérer,
dit-on, de ces rochers plus secs qu’un concentré de Sahara.
Pas d’eau? Voire... Dans la salle centrale de la tour de la
Parata, qu’éclairent des faisceaux de lumière obliques tombés
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