CAPITAINE DE LA CALYPSO
fouettent le corps. Nous fixons une élingue sur un tamaris
(merci, arbuste providentiel!). Pendant une heure, nous
écopons le Titanic II, qui porte maintenant très bien son nom.
Le palan installé, nous commençons de haler la coque. Elle est
lourde, lourde... Elle ne bouge pas. Nous tirons de toutes nos
forces : elle avance d’un demi-centimètre. Nous recommençons : un centimètre entier. Et ainsi de suite... Au bout d’un
moment, nous ne savons même plus pourquoi nous nous
escrimons. Nos muscles se tétanisent dans la pluie et le froid.
Comme on dit à Marseille, seul le dessous de nos langues est
encore sec.
Il nous faut trois heures de travail de forçat pour haler le
bateau sur son plan incliné et le mettre à l’abri des fureurs de
Neptune.
Que ne ferions-nous pas pour naviguer ?
Pendant l’hiver, chaque fin de semaine, nous mastiquons et
nous ponçons. Nous peignons en rouge (minium), puis en noir,
le bordé de chêne. Cela prend de l’allure. Malgré la totale
confiance que nous avons dans notre étoile de marins, nous
décidons de rebaptiser le Titanic II; l’image de son grand frère,
qui repose par près de quatre mille mètres de fond au sud de
Terre-Neuve, est difficile à supporter.
Nous avons depuis des années un cri de ralliement :
« Hou!... Hop!... », que Poup (qui a voyagé) prétend avoir
entendu chez les indigènes des Nouvelles-Hébrides.
Hou Hop... Le nom s’impose. Boboss le sculpte en relief sur la
d’
es
le
n<
ir
1’
u
a
P
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A
t
t
I
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coque.
Partiellement remis en état, le Hou Hop prend la route de
Marseille pour une série de travaux complémentaires. Nous
lui trouvons une place près du port de carénage, que protège
le fameux fort de Saint-Nicolas construit par Vauban au
xvii siècle. Nous armons notre vaisseau de ligne : un roof; un
mât et une élégante voile latine blanche ; un excellent moteur
diesel quatre cylindres de trente-cinq chevaux ; une plage
arrière spécialement conçue pour les équipements et la mise à
1 eau des plongeurs ; quatre couchettes montées en tubes
72
fouettent le corps. Nous fixons une élingue sur un tamaris
(merci, arbuste providentiel!). Pendant une heure, nous
écopons le Titanic II, qui porte maintenant très bien son nom.
Le palan installé, nous commençons de haler la coque. Elle est
lourde, lourde... Elle ne bouge pas. Nous tirons de toutes nos
forces : elle avance d’un demi-centimètre. Nous recommençons : un centimètre entier. Et ainsi de suite... Au bout d’un
moment, nous ne savons même plus pourquoi nous nous
escrimons. Nos muscles se tétanisent dans la pluie et le froid.
Comme on dit à Marseille, seul le dessous de nos langues est
encore sec.
Il nous faut trois heures de travail de forçat pour haler le
bateau sur son plan incliné et le mettre à l’abri des fureurs de
Neptune.
Que ne ferions-nous pas pour naviguer ?
Pendant l’hiver, chaque fin de semaine, nous mastiquons et
nous ponçons. Nous peignons en rouge (minium), puis en noir,
le bordé de chêne. Cela prend de l’allure. Malgré la totale
confiance que nous avons dans notre étoile de marins, nous
décidons de rebaptiser le Titanic II; l’image de son grand frère,
qui repose par près de quatre mille mètres de fond au sud de
Terre-Neuve, est difficile à supporter.
Nous avons depuis des années un cri de ralliement :
« Hou!... Hop!... », que Poup (qui a voyagé) prétend avoir
entendu chez les indigènes des Nouvelles-Hébrides.
Hou Hop... Le nom s’impose. Boboss le sculpte en relief sur la
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Partiellement remis en état, le Hou Hop prend la route de
Marseille pour une série de travaux complémentaires. Nous
lui trouvons une place près du port de carénage, que protège
le fameux fort de Saint-Nicolas construit par Vauban au
xvii siècle. Nous armons notre vaisseau de ligne : un roof; un
mât et une élégante voile latine blanche ; un excellent moteur
diesel quatre cylindres de trente-cinq chevaux ; une plage
arrière spécialement conçue pour les équipements et la mise à
1 eau des plongeurs ; quatre couchettes montées en tubes
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