L’HOMME-POISSON DE LA SORGUE
spectateurs ébahis me regardent empoigner seul, et déplacer
sans effort dans l’eau des blocs que mes assistants sur la rive
soulèvent péniblement à deux. On me fait la réputation d’un
surhomme, ce qui n’est pas désagréable quand j’invite les filles
à danser, au bal du samedi soir... Bien entendu, je n’ai rien
d’un hercule : les villageois oublient que, dans l’élément
aquatique, la poussée d’Archimède est mon alliée. Les pierres
pèsent deux fois moins lourd que dans l’air.
Au terme de ces trois semaines de contrat, lorsque je grimpe
dans mon Amilcar Sport (d’occasion !) et que je mets les gaz
pour revenir à Marseille, je suis particulièrement fier d’avoir
bouclé mon premier chantier aquatique. Je me dis que ce n’est
pas le dernier, et même que je suis fait pour ça.
J’ai passé quatre-vingt-dix heures avec les truites de la
Sorgue. Je me considère un peu comme de leur race. Hommepoisson...
spectateurs ébahis me regardent empoigner seul, et déplacer
sans effort dans l’eau des blocs que mes assistants sur la rive
soulèvent péniblement à deux. On me fait la réputation d’un
surhomme, ce qui n’est pas désagréable quand j’invite les filles
à danser, au bal du samedi soir... Bien entendu, je n’ai rien
d’un hercule : les villageois oublient que, dans l’élément
aquatique, la poussée d’Archimède est mon alliée. Les pierres
pèsent deux fois moins lourd que dans l’air.
Au terme de ces trois semaines de contrat, lorsque je grimpe
dans mon Amilcar Sport (d’occasion !) et que je mets les gaz
pour revenir à Marseille, je suis particulièrement fier d’avoir
bouclé mon premier chantier aquatique. Je me dis que ce n’est
pas le dernier, et même que je suis fait pour ça.
J’ai passé quatre-vingt-dix heures avec les truites de la
Sorgue. Je me considère un peu comme de leur race. Hommepoisson...
