L'ESPRIT DE LA REDÉCOUVERTE
chaque année des centaines de tonnes de leur célèbre langouste !
Nous plongeons en divers endroits de la côte, notamment
sur une superbe épave, près de La Havane. Les restes du
bateau sont colonisés par mille créatures aquatiques et servent
de repaire à un banc de tarpons : ces puissants poissons
carnassiers, longs de un mètre cinquante, se déploient comme
des chevaliers du Moyen Age en armure bleue. Spectacle
magique, que filme Louis Prézelin.
Une autre scène rarissime nous est offerte : un requinbaleine de plus de dix mètres de longueur, et de plus de dix
tonnes de poids, fait surface devant la Calypso. Planté dans
l’eau à la verticale, la gueule béante au cœur d’un gros banc de
sardines, il engloutit des centaines de ces petits poissons bleus
qui frétillent et passent dans son estomac sans même s’en
rendre compte.
Nous recevons à bord de notre navire le lider maximo de la
Révolution cubaine : Fidel Castro. Personnage étonnant,
barbu expansif dont les grands rires tonitruants ont quelque
chose de forcé, mais dont on sent qu’ils voudraient être
sympathiques... Fidel Castro ne fume plus les fameux cigares
de son île : son médecin le lui interdit. Il discute avec le Pacha
de tout et de rien — des grands problèmes de développement
propres aux pays du Tiers Monde, comme de recettes de
cuisine. Cousteau réussit à lui arracher la promesse qu’il
libérera un contingent de prisonniers politiques en échange de
l’étude d’océanographie biologique que nous menons pour son
pays.
Nous sommes mêlés, peu après, à un événement qui
constitue un symbole. La Calypso navigue en vue de la base
militaire de Guantanamo, que les Etats-Unis ont conservée à
Cuba après la chute du dictateur Batista. Jamais, depuis le
blocus de 1961, un citoyen américain n’a pénétré dans cette
place forte en venant de la terre. Or, avec le commandant
Cousteau, une Américaine est invitée à le faire : notre amie
l’écrivain Paula DiPerna.
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chaque année des centaines de tonnes de leur célèbre langouste !
Nous plongeons en divers endroits de la côte, notamment
sur une superbe épave, près de La Havane. Les restes du
bateau sont colonisés par mille créatures aquatiques et servent
de repaire à un banc de tarpons : ces puissants poissons
carnassiers, longs de un mètre cinquante, se déploient comme
des chevaliers du Moyen Age en armure bleue. Spectacle
magique, que filme Louis Prézelin.
Une autre scène rarissime nous est offerte : un requinbaleine de plus de dix mètres de longueur, et de plus de dix
tonnes de poids, fait surface devant la Calypso. Planté dans
l’eau à la verticale, la gueule béante au cœur d’un gros banc de
sardines, il engloutit des centaines de ces petits poissons bleus
qui frétillent et passent dans son estomac sans même s’en
rendre compte.
Nous recevons à bord de notre navire le lider maximo de la
Révolution cubaine : Fidel Castro. Personnage étonnant,
barbu expansif dont les grands rires tonitruants ont quelque
chose de forcé, mais dont on sent qu’ils voudraient être
sympathiques... Fidel Castro ne fume plus les fameux cigares
de son île : son médecin le lui interdit. Il discute avec le Pacha
de tout et de rien — des grands problèmes de développement
propres aux pays du Tiers Monde, comme de recettes de
cuisine. Cousteau réussit à lui arracher la promesse qu’il
libérera un contingent de prisonniers politiques en échange de
l’étude d’océanographie biologique que nous menons pour son
pays.
Nous sommes mêlés, peu après, à un événement qui
constitue un symbole. La Calypso navigue en vue de la base
militaire de Guantanamo, que les Etats-Unis ont conservée à
Cuba après la chute du dictateur Batista. Jamais, depuis le
blocus de 1961, un citoyen américain n’a pénétré dans cette
place forte en venant de la terre. Or, avec le commandant
Cousteau, une Américaine est invitée à le faire : notre amie
l’écrivain Paula DiPerna.
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