CAPITAINE DE LA CALYPSO
« Ce jour restera gravé dans ma mémoire, raconte Paula
au moment où je franchis les barbelés, j’ai l’impression
d’entrer aussi dans l’Histoire. Même si je sais que je n’y suis
pas personnellement pour grand-chose ! »
Tandis que VAlçyone, après avoir traversé l’Atlantique,
double le cap Horn puis remonte dans l’océan Pacifique
qu’elle visitera par le nord (mer de Cortez, Californie, Hawaii,
îles de la Reine-Charlotte, Alaska, mer de Béring, Japon,
Mariannes, etc.), la Calypso franchit le détroit de Panama et
s’engage dans le Pacifique Sud. Nous ne retrouverons VAlçyone
qu’en Nouvelle-Guinée, après avoir salué les îles de la
Polynésie française, la Nouvelle-Zélande et la Grande Barrière
de corail.
Notre première étape est pour les îles Galapagos. Je salue
avec plaisir leurs tortues géantes, leurs otaries si fines, leurs
iguanes bizarres, leurs cormorans aptères, leurs pingouins (si
insolites sous l’équateur), leurs crabes si vifs, leurs poissonschauves-souris difformes — bref, la vie fascinante d’un laboratoire de l’évolution.
Nous sillonnons l’archipel des Marquises. Ce sont des
montagnes dans la mer. Une eau turquoise. Des pics volcaniques déchiquetés, couverts d’une végétation épaisse... Nous
visitons l’archipel : Nuku-Hiva, Ua-Huka, Hiva-Oa, Tahuata,
Fatu-Hiva, etc. A l’heure actuelle, les Marquises ne sont plus
peuplées que de six mille cinq cents habitants — près de dix
fois moins qu’il y a un siècle. Cet effondrement démographique
est dû aux méfaits de la colonisation européenne en général, et
aux maladies des Blancs en particulier : variole, tuberculose,
grippe, rougeole, syphilis.
Nous plongeons dans ces eaux qui, contrairement à celles
des îles de la Société ou des Tuamotu, ne nourrissent pas de
récifs de coraux. Nous y saluons des bandes de raies-aigles
nari-nari, aux vastes ailes noires tachées de blanc; nous y
croisons de puissants requins — parmi les plus gros qu’il m’ait
été donné de voir (un longimane de plus de quatre mètres
cinquante, un requin-tigre de plus de cinq mètres). Nous
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« Ce jour restera gravé dans ma mémoire, raconte Paula
au moment où je franchis les barbelés, j’ai l’impression
d’entrer aussi dans l’Histoire. Même si je sais que je n’y suis
pas personnellement pour grand-chose ! »
Tandis que VAlçyone, après avoir traversé l’Atlantique,
double le cap Horn puis remonte dans l’océan Pacifique
qu’elle visitera par le nord (mer de Cortez, Californie, Hawaii,
îles de la Reine-Charlotte, Alaska, mer de Béring, Japon,
Mariannes, etc.), la Calypso franchit le détroit de Panama et
s’engage dans le Pacifique Sud. Nous ne retrouverons VAlçyone
qu’en Nouvelle-Guinée, après avoir salué les îles de la
Polynésie française, la Nouvelle-Zélande et la Grande Barrière
de corail.
Notre première étape est pour les îles Galapagos. Je salue
avec plaisir leurs tortues géantes, leurs otaries si fines, leurs
iguanes bizarres, leurs cormorans aptères, leurs pingouins (si
insolites sous l’équateur), leurs crabes si vifs, leurs poissonschauves-souris difformes — bref, la vie fascinante d’un laboratoire de l’évolution.
Nous sillonnons l’archipel des Marquises. Ce sont des
montagnes dans la mer. Une eau turquoise. Des pics volcaniques déchiquetés, couverts d’une végétation épaisse... Nous
visitons l’archipel : Nuku-Hiva, Ua-Huka, Hiva-Oa, Tahuata,
Fatu-Hiva, etc. A l’heure actuelle, les Marquises ne sont plus
peuplées que de six mille cinq cents habitants — près de dix
fois moins qu’il y a un siècle. Cet effondrement démographique
est dû aux méfaits de la colonisation européenne en général, et
aux maladies des Blancs en particulier : variole, tuberculose,
grippe, rougeole, syphilis.
Nous plongeons dans ces eaux qui, contrairement à celles
des îles de la Société ou des Tuamotu, ne nourrissent pas de
récifs de coraux. Nous y saluons des bandes de raies-aigles
nari-nari, aux vastes ailes noires tachées de blanc; nous y
croisons de puissants requins — parmi les plus gros qu’il m’ait
été donné de voir (un longimane de plus de quatre mètres
cinquante, un requin-tigre de plus de cinq mètres). Nous
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