CAPITAINE DE LA CALYPSO
dans les orifices naturels (anus, etc.) de l’homme ou des grands
animaux, et s’y maintient en déployant ses arêtes. Douleur
affreuse...
Les caïmans (jacarés) sont nettement plus sympathiques.
L’homme les massacre par centaines de milliers chaque année,
mais eux ne tuent jamais l’homme. La plus grande espèce
amazonienne dépasse rarement quatre mètres. Elle est
farouche et craintive. En plongée dans la forêt inondée, je me
faufile dans un fouillis de racines et je tombe nez à nez avec un
jacaré noir. Il a la gueule garnie de dents nombreuses et
pointues. Je n’ai pas peur; lui, oui. Impressionné, il s’éloigne
en ondulant avec grâce. L’obscurité de l’eau le mange.
Notre périple amazonien nous fait vivre des moments de
grâce. Il nous démontre aussi, hélas! à quel point la forêt
tropicale est menacée. Ce prodigieux réservoir de formes
vivantes souffre des saccages et des pollutions des hommes.
Comme tous les milieux naturels. Plus que les autres systèmes...
Sur le rio Jari, nous allons visiter l’immense domaine dont le
milliardaire américain Daniel K. Ludwig voulut faire un
centre pilote pour la production de pâte à papier. L’expérience
se solda par un gigantesque fiasco économique et écologique :
à l’époque où nous sommes sur place Ludwig passe la main ;
l’Etat brésilien récupère ce qu’il pt u* d’investissements colossaux.
Grande comme l’Europe, l’Amazonie n’est peuplée que de
cinq millions d’habitants. Or, elle est cernée par une masse de
plus de deux cents millions d’individus (cent cinquante pour le
seul Brésil), dont beaucoup sont de pauvres paysans sans
terres. La tentation est grande, pour des gouvernements
débordés par la dette extérieure et la misère intérieure, d’offrir
les immensités vierges aux sociétés multinationales (intéressées par le bois, le pétrole ou les richessses minières) et aux
crève-la-faim qu’un peu d’espoir ferait revivre. C’est exactement ce qui se produit.
Les groupes miniers sont persuadés (comme les conquista366
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