LES GLACES DU SAINT-LAURENT
évoque d’autres souvenirs sentimentaux. Nous débouchons
dans le lac Supérieur. Un télex nous arrive de France : à
Marseille, on a porté en terre notre ami Rémy Galliano. Une
chape de tristesse s’abat sur le navire.
Nous touchons le port de Thunder Bay, à l’ouest et tout au
fond du lac Supérieur. Je contemple d’énormes silos à blé, près
desquels accostent des barges de trois cents mètres de longueur
— les fameux lakers des Grands Lacs, qui entrent au centimètre près dans les biefs des écluses. Visite aux Indiens
Ojibways : ceux-ci exécutent pour nous une danse folklorique
réservée aux touristes — une mascarade ! Nous naviguons sur
l’immensité grise du lac Supérieur. Escale à l’Isle-Royale.
Nous plongeons sur les épaves du Kamloops \ et surtout du
Gunilda, merveilleux yacht fantôme à la coque blanc et doré. A
l’île Agathe, le docteur Rodney Kirkham nous dispense une
passionnante leçon de géologie. Ce savant nous montre des
échantillons de roches qu’il a trouvées dans la contrée : vieilles
de plus de deux milliards et demi d’années, elles comptent
parmi les plus anciennes de la Terre. Or, elles contiennent déjà
des traces de vie — des fossiles d’algues unicellulaires bleuvert, ou cyanophycées.
Le lendemain, une terrible tempête se lève — comme le lac
Supérieur en connaît souvent. Nous nous réfugions dans le
port de Terrace Bay. Lorsque les éléments se calment, nous
aidons les naturalistes de l’île Slate à marquer des caribous :
scène de poursuites ponctuées de gags !
L’automne arrive. Précoce. Tandis que la Calypso commence
de faire route vers l’aval, nous étudions les castors et les ratons
laveurs de l’île Michipicoten ; ainsi que les truites et leurs
parasites suceurs de sang, les lamproies. Le 27 septembre,
nous entrons de nouveau dans le lac Huron. Le 30, dans le lac
Saint-Clair. Le 2 octobre, dans le lac Ontario. Le 6, nous
accostons à Montréal. Deux mois de vacances.
Le 2 décembre, tout le monde est revenu à bord. Il nous faut
gagner la mer — et vite — si nous ne voulons pas être bloqués
par l’embâcle du Saint-Laurent. La neige tombe, de même que
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évoque d’autres souvenirs sentimentaux. Nous débouchons
dans le lac Supérieur. Un télex nous arrive de France : à
Marseille, on a porté en terre notre ami Rémy Galliano. Une
chape de tristesse s’abat sur le navire.
Nous touchons le port de Thunder Bay, à l’ouest et tout au
fond du lac Supérieur. Je contemple d’énormes silos à blé, près
desquels accostent des barges de trois cents mètres de longueur
— les fameux lakers des Grands Lacs, qui entrent au centimètre près dans les biefs des écluses. Visite aux Indiens
Ojibways : ceux-ci exécutent pour nous une danse folklorique
réservée aux touristes — une mascarade ! Nous naviguons sur
l’immensité grise du lac Supérieur. Escale à l’Isle-Royale.
Nous plongeons sur les épaves du Kamloops \ et surtout du
Gunilda, merveilleux yacht fantôme à la coque blanc et doré. A
l’île Agathe, le docteur Rodney Kirkham nous dispense une
passionnante leçon de géologie. Ce savant nous montre des
échantillons de roches qu’il a trouvées dans la contrée : vieilles
de plus de deux milliards et demi d’années, elles comptent
parmi les plus anciennes de la Terre. Or, elles contiennent déjà
des traces de vie — des fossiles d’algues unicellulaires bleuvert, ou cyanophycées.
Le lendemain, une terrible tempête se lève — comme le lac
Supérieur en connaît souvent. Nous nous réfugions dans le
port de Terrace Bay. Lorsque les éléments se calment, nous
aidons les naturalistes de l’île Slate à marquer des caribous :
scène de poursuites ponctuées de gags !
L’automne arrive. Précoce. Tandis que la Calypso commence
de faire route vers l’aval, nous étudions les castors et les ratons
laveurs de l’île Michipicoten ; ainsi que les truites et leurs
parasites suceurs de sang, les lamproies. Le 27 septembre,
nous entrons de nouveau dans le lac Huron. Le 30, dans le lac
Saint-Clair. Le 2 octobre, dans le lac Ontario. Le 6, nous
accostons à Montréal. Deux mois de vacances.
Le 2 décembre, tout le monde est revenu à bord. Il nous faut
gagner la mer — et vite — si nous ne voulons pas être bloqués
par l’embâcle du Saint-Laurent. La neige tombe, de même que
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