CAPITAINE DE LA CALYPSO
Jacques Constans, nous étudions la composition de l’eau, les
sédiments, la richesse en plancton animal et végétal d’une
immense portion de mer. Nous effectuons des milliers de
prélèvements. Nous visitons les bouches de l’Orénoque —
dont les apports minéraux et organiques sont essentiels à
l’équilibre écologique local.
Durant la deuxième phase de cette mission, nous nous
livrons à des recherches géologiques dans la zone de Maracaibo. Sous les dômes de sel, l’odeur du pétrole : cela me
rappelle notre voyage de 1954 dans le golfe Arabo-Persique.
Le 24 septembre 1979, non loin des îles Blanquillas, au nord
de l’île Margarita, la soucoupe accomplit sa millième plongée !
Mille bulles de champagne !
Carénage à Curaçao. Escale à la Martinique, où Jo Seguy,
pendant les mois de vacances de l’équipe, repeint à lui seul la
Calypso de la proue à la poupe.
En juin 1980, la Calypso entame une nouvelle mission de
grande envergure. Le but? Les parages de Terre-Neuve, le
fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs d’Amérique du
Nord...
Notre bateau est reçu au Bedford Institute of Oceanography
de Halifax, en Nouvelle-Ecosse. Le capitaine Marc Soviche
remplace Alain Traonouil, qui guidait la Calypso depuis qu’elle
était basée à Norfolk.
Nous entamons cette mission en visitant l’île Sable, au large
de la Nouvelle-Ecosse. C’est une terre plate, sans cesse
menacée par les tempêtes. Vue de la mer, elle donne l’impression d’être un bateau qui coule. Mais c’est elle qui coule les
bateaux ! Entourée de hauts-fonds, elle a été fatale à des
légions de barques, de goélettes, de vapeurs, bref de navires de
toutes sortes : c’est le plus prodigieux cimetière d’épaves du
monde ! Parmi les coques brisées engraissent des crabes et de
gros homards qui font le régal des phoques (phoques gris,
phoques des ports) ; et des poissons-loups de deux mètres de
longueur, dont les énormes mâchoires laissent dépasser des
dents qu’on verrait plutôt dans la bouche des crocodiles...
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Jacques Constans, nous étudions la composition de l’eau, les
sédiments, la richesse en plancton animal et végétal d’une
immense portion de mer. Nous effectuons des milliers de
prélèvements. Nous visitons les bouches de l’Orénoque —
dont les apports minéraux et organiques sont essentiels à
l’équilibre écologique local.
Durant la deuxième phase de cette mission, nous nous
livrons à des recherches géologiques dans la zone de Maracaibo. Sous les dômes de sel, l’odeur du pétrole : cela me
rappelle notre voyage de 1954 dans le golfe Arabo-Persique.
Le 24 septembre 1979, non loin des îles Blanquillas, au nord
de l’île Margarita, la soucoupe accomplit sa millième plongée !
Mille bulles de champagne !
Carénage à Curaçao. Escale à la Martinique, où Jo Seguy,
pendant les mois de vacances de l’équipe, repeint à lui seul la
Calypso de la proue à la poupe.
En juin 1980, la Calypso entame une nouvelle mission de
grande envergure. Le but? Les parages de Terre-Neuve, le
fleuve Saint-Laurent et les Grands Lacs d’Amérique du
Nord...
Notre bateau est reçu au Bedford Institute of Oceanography
de Halifax, en Nouvelle-Ecosse. Le capitaine Marc Soviche
remplace Alain Traonouil, qui guidait la Calypso depuis qu’elle
était basée à Norfolk.
Nous entamons cette mission en visitant l’île Sable, au large
de la Nouvelle-Ecosse. C’est une terre plate, sans cesse
menacée par les tempêtes. Vue de la mer, elle donne l’impression d’être un bateau qui coule. Mais c’est elle qui coule les
bateaux ! Entourée de hauts-fonds, elle a été fatale à des
légions de barques, de goélettes, de vapeurs, bref de navires de
toutes sortes : c’est le plus prodigieux cimetière d’épaves du
monde ! Parmi les coques brisées engraissent des crabes et de
gros homards qui font le régal des phoques (phoques gris,
phoques des ports) ; et des poissons-loups de deux mètres de
longueur, dont les énormes mâchoires laissent dépasser des
dents qu’on verrait plutôt dans la bouche des crocodiles...
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