CAPITAINE DE LA CALYPSO
les champs : les paysans (fellahs) doivent acheter les engrais
chimiques qu’une usine de Kom-Ombo produit en consommant de l’électricité produite grâce au barrage (ô absurdité!).
Les irrigations, mal conduites, provoquent des remontées de
sel qui stérilisent les cultures. Certaines maladies infectieuses
ou parasitaires (bilharziose, paludisme) progressent. Et le
delta, qui ne reçoit plus de matériaux solides, est en pleine
régression, mangé par la mer...
Nous saluons au passage la splendeur des temples et des
monuments de l’Egypte pharaonique : Edfou, Louqsor, Karnak, Abdjou (Abydos), Akhmîn et Sohag, Hermopolis, Mem
phis... Sans oublier Guizèh, son Sphinx et ses Pyramides..
Mais le cœur n’y est pas. Comment être optimiste pour ce
pays, quand on visite l’énorme agglomération du Caire (El
Qahira), avec ses douze millions d’habitants, ses rues encombrées, ses rares égouts qui se déversent dans le Nil, ses
mendiants qui logent dans des cimetières... Un concentré des
problèmes du Tiers Monde. Les « trois P » : population,
pauvreté, pollution...
Nous voici au bout du voyage. Nous volons jusqu’à l’extrémité des deux branches principales du delta : celle de
Damiette à l’est, celle de Rosette à l’ouest. Le Nil, ce géant de
près de sept mille kilomètres de longueur, a été asservi par
l’homme. Mais ce fleuve-roi est un fleuve mort. Il n’apporte
plus qu’un filet d’eau à la mer, laquelle dévore la terre. Des
maisons, des quartiers entiers des villages de la côte sont
submergés. Et, parce que les alluvions manquent, le plancton
se raréfie en Méditerranée orientale. Les poissons disparaissent.
Tandis que, sur la plage de Rosette, je regarde un misérable
pêcheur jeter et rejeter son filet dans lequel aucune sardine ne
se prend, je songe que l’homme, en domestiquant le Nil, a
commis l’une des plus grandes erreurs de son histoire. Et que,
hélas ! il se dit prêt à recommencer ailleurs — au Sénégal, au
Pakistan, en Chine ou au Brésil.
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les champs : les paysans (fellahs) doivent acheter les engrais
chimiques qu’une usine de Kom-Ombo produit en consommant de l’électricité produite grâce au barrage (ô absurdité!).
Les irrigations, mal conduites, provoquent des remontées de
sel qui stérilisent les cultures. Certaines maladies infectieuses
ou parasitaires (bilharziose, paludisme) progressent. Et le
delta, qui ne reçoit plus de matériaux solides, est en pleine
régression, mangé par la mer...
Nous saluons au passage la splendeur des temples et des
monuments de l’Egypte pharaonique : Edfou, Louqsor, Karnak, Abdjou (Abydos), Akhmîn et Sohag, Hermopolis, Mem
phis... Sans oublier Guizèh, son Sphinx et ses Pyramides..
Mais le cœur n’y est pas. Comment être optimiste pour ce
pays, quand on visite l’énorme agglomération du Caire (El
Qahira), avec ses douze millions d’habitants, ses rues encombrées, ses rares égouts qui se déversent dans le Nil, ses
mendiants qui logent dans des cimetières... Un concentré des
problèmes du Tiers Monde. Les « trois P » : population,
pauvreté, pollution...
Nous voici au bout du voyage. Nous volons jusqu’à l’extrémité des deux branches principales du delta : celle de
Damiette à l’est, celle de Rosette à l’ouest. Le Nil, ce géant de
près de sept mille kilomètres de longueur, a été asservi par
l’homme. Mais ce fleuve-roi est un fleuve mort. Il n’apporte
plus qu’un filet d’eau à la mer, laquelle dévore la terre. Des
maisons, des quartiers entiers des villages de la côte sont
submergés. Et, parce que les alluvions manquent, le plancton
se raréfie en Méditerranée orientale. Les poissons disparaissent.
Tandis que, sur la plage de Rosette, je regarde un misérable
pêcheur jeter et rejeter son filet dans lequel aucune sardine ne
se prend, je songe que l’homme, en domestiquant le Nil, a
commis l’une des plus grandes erreurs de son histoire. Et que,
hélas ! il se dit prêt à recommencer ailleurs — au Sénégal, au
Pakistan, en Chine ou au Brésil.
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