CAPITAINE DE LA CALYPSO
sur les plages de l’île de Zanthe (Zakynthos), à l’ouest de la
Grèce. Hélas ! On commence à construire des hôtels sur ces
plages-là...
La mer est malade. Par moments, à faire peur.
La trouille de ma vie, en plongée, je l’éprouve sur l’épave de
la Çavtat.
Cela se passe au large du petit port italien d’Otrante, à
l’entrée de la mer Adriatique, où un cargo yougoslave a
sombré en 1974, à la suite d’une collision (d’ailleurs suspecte)
avec un navire italien. La Çavtat gît par quatre-vingt-dix
mètres de profondeur. Tout le monde a oublié ce naufrage,
sauf un petit juge de province, nommé Alberto Maritati. Le
magistrat a eu connaissance — par hasard — de la nature de
la cargaison. Ses cheveux se sont dressés sur sa tête. Il a alerté
le commandant Cousteau, dont les cheveux ont subi le même
mouvement vers le haut !
A force d’obstination, le juge Maritati a contraint le
gouvernement italien à réagir. L’épave de la Çavtat sera vidée
de son contenu. Le travail sera assuré par une société italienne,
la S.A.I.P.E.M., qui dispose d’une plate-forme de plongée
nommée Castoro IL L’équipe de la Calypso sert de conseil à la
S.A.I.P.E.M.
Je me prépare à descendre sur le site, en compagnie de
Raymond Coll et de Bernard Delemotte. L’épave de la Çavtat
est bourrée de neuf cents fûts — trois cents tonnes — de l’un
des plus violents poisons qui existent : du plomb tétraéthyle et
du plomb tétraméthyle. Si les bidons fuient et que le produit
entre en contact avec notre peau, nous sommes perdus.
Intoxication aiguë. La mort en dix minutes!...
Nous sautons à l’eau. Nous nous enfonçons. Je me remémore les paroles du commandant Cousteau :
« Si cette cargaison n’est pas remontée en surface, si les fûts
rouillent, fuient et déversent leur contenu dans le détroit
d’Otrante, la moitié de la Méditerranée en crèvera! Une
bombe à retardement! Un ultimatum sous la mer!... »
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sur les plages de l’île de Zanthe (Zakynthos), à l’ouest de la
Grèce. Hélas ! On commence à construire des hôtels sur ces
plages-là...
La mer est malade. Par moments, à faire peur.
La trouille de ma vie, en plongée, je l’éprouve sur l’épave de
la Çavtat.
Cela se passe au large du petit port italien d’Otrante, à
l’entrée de la mer Adriatique, où un cargo yougoslave a
sombré en 1974, à la suite d’une collision (d’ailleurs suspecte)
avec un navire italien. La Çavtat gît par quatre-vingt-dix
mètres de profondeur. Tout le monde a oublié ce naufrage,
sauf un petit juge de province, nommé Alberto Maritati. Le
magistrat a eu connaissance — par hasard — de la nature de
la cargaison. Ses cheveux se sont dressés sur sa tête. Il a alerté
le commandant Cousteau, dont les cheveux ont subi le même
mouvement vers le haut !
A force d’obstination, le juge Maritati a contraint le
gouvernement italien à réagir. L’épave de la Çavtat sera vidée
de son contenu. Le travail sera assuré par une société italienne,
la S.A.I.P.E.M., qui dispose d’une plate-forme de plongée
nommée Castoro IL L’équipe de la Calypso sert de conseil à la
S.A.I.P.E.M.
Je me prépare à descendre sur le site, en compagnie de
Raymond Coll et de Bernard Delemotte. L’épave de la Çavtat
est bourrée de neuf cents fûts — trois cents tonnes — de l’un
des plus violents poisons qui existent : du plomb tétraéthyle et
du plomb tétraméthyle. Si les bidons fuient et que le produit
entre en contact avec notre peau, nous sommes perdus.
Intoxication aiguë. La mort en dix minutes!...
Nous sautons à l’eau. Nous nous enfonçons. Je me remémore les paroles du commandant Cousteau :
« Si cette cargaison n’est pas remontée en surface, si les fûts
rouillent, fuient et déversent leur contenu dans le détroit
d’Otrante, la moitié de la Méditerranée en crèvera! Une
bombe à retardement! Un ultimatum sous la mer!... »
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