CAPITAINE DE LA CALYPSO
tion scientifique de la Méditerranée (C.I.E.S.M.), présidée par
le prince Rainier III de Monaco, et dont Jacques-Yves
Cousteau est le secrétaire général, charge l’équipe de la Calypso
d’un travail d’évaluation complète de la santé de la Grande
Bleue. Mes amis le commandant Jean Alinat et Jacques
Constans dressent un plan de travail.
Nous embarquons à Marseille. Nous allons d’abord vers
l’ouest. Puis nous tournons autour du bassin dans le sens
contraire des aiguilles d’une montre. Languedoc. Roussillon.
Catalogne (visite à la centrale nucléaire de Vandellos). Costa
Brava (tourisme de masse). Ile d’Alboran (et sa forêt d’algues
géantes). Maroc. Algérie. Tunisie. Egypte (mais pas Libye :
Khadafi ne veut pas). Israël. Liban. Turquie. Dardanelles et
Bosphore. Nous allons jusqu’en mer Noire — jusqu’aux
bouches du Danube. La Grèce, de nouveau. Puis la Yougoslavie (mais pas l’Albanie : rivages interdits). L’Italie, enfin,
avant de rentrer à Marseille.
Durant ce grand tour, baptisé « Opération Medpoll » (pour
« Méditerranée-Pollution »), nous effectuons des milliers de
prélèvements d’eau, de sédiments et de plancton, que nous
donnons pour analyse aux meilleurs laboratoires du monde.
Ceux-ci dosent pour nous les hydrocarbures, les métaux
lourds, les pesticides, les isotopes radioactifs, etc. Quand nous
disposons des résultats, force nous est de constater que la
pollution industrielle, agricole et domestique, localement
préoccupante, n’explique pas à elle seule l’effondrement du
nombre des êtres vivants en Méditerranée. Certaines baies,
certains ports, certaines embouchures de fleuves sont sales
Mais pas au point de tout tuer. Il y a autre chose — un autre
facteur de mort.
«Je sais de quoi il s’agit, dit Cousteau. Il y a longtemps que
je m’en doutais. Maintenant, c’est à mes yeux très clair. La
pollution n’est que la deuxième cause de diminution des
populations végétales et animales. La première, c’est la
destruction mécanique directe, le saccage. Je regroupe sous ce
terme la pêche industrielle, qui ravage les fonds ; la pêche à la
316
tion scientifique de la Méditerranée (C.I.E.S.M.), présidée par
le prince Rainier III de Monaco, et dont Jacques-Yves
Cousteau est le secrétaire général, charge l’équipe de la Calypso
d’un travail d’évaluation complète de la santé de la Grande
Bleue. Mes amis le commandant Jean Alinat et Jacques
Constans dressent un plan de travail.
Nous embarquons à Marseille. Nous allons d’abord vers
l’ouest. Puis nous tournons autour du bassin dans le sens
contraire des aiguilles d’une montre. Languedoc. Roussillon.
Catalogne (visite à la centrale nucléaire de Vandellos). Costa
Brava (tourisme de masse). Ile d’Alboran (et sa forêt d’algues
géantes). Maroc. Algérie. Tunisie. Egypte (mais pas Libye :
Khadafi ne veut pas). Israël. Liban. Turquie. Dardanelles et
Bosphore. Nous allons jusqu’en mer Noire — jusqu’aux
bouches du Danube. La Grèce, de nouveau. Puis la Yougoslavie (mais pas l’Albanie : rivages interdits). L’Italie, enfin,
avant de rentrer à Marseille.
Durant ce grand tour, baptisé « Opération Medpoll » (pour
« Méditerranée-Pollution »), nous effectuons des milliers de
prélèvements d’eau, de sédiments et de plancton, que nous
donnons pour analyse aux meilleurs laboratoires du monde.
Ceux-ci dosent pour nous les hydrocarbures, les métaux
lourds, les pesticides, les isotopes radioactifs, etc. Quand nous
disposons des résultats, force nous est de constater que la
pollution industrielle, agricole et domestique, localement
préoccupante, n’explique pas à elle seule l’effondrement du
nombre des êtres vivants en Méditerranée. Certaines baies,
certains ports, certaines embouchures de fleuves sont sales
Mais pas au point de tout tuer. Il y a autre chose — un autre
facteur de mort.
«Je sais de quoi il s’agit, dit Cousteau. Il y a longtemps que
je m’en doutais. Maintenant, c’est à mes yeux très clair. La
pollution n’est que la deuxième cause de diminution des
populations végétales et animales. La première, c’est la
destruction mécanique directe, le saccage. Je regroupe sous ce
terme la pêche industrielle, qui ravage les fonds ; la pêche à la
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