L’ÉNIGME DE L’ATLANTIDE
Elle était située, ajoute le philosophe, au-delà des Colonnes
d’Hercule, c’est-à-dire dans l’Atlantique.
« Depuis que Platon a donné naissance à ce mythe, plus de
cinq mille livres et des dizaines de milliers d’articles ont été
écrits sur ce sujet. Presque tous prétendent avoir localisé la cité
engloutie. On a parlé de la côte marocaine, du Sahara, des
Açores, de l’Irlande, des Bermudes, de la Scandinavie,
d’Israël, voire de l’Abyssinie, de l’Asie centrale ou de l’Antarctique.
« Rien de convaincant. C’est la raison pour laquelle des
chercheurs modernes, comme l’archéologue Spiridon Marinatos et le géophysicien Angelos Galanopoulos, formulent une
autre hypothèse. En se basant sur le texte de Platon et sur des
connaissances scientifiques récentes, ils supposent que, pour
autant que ce mythe possède une base historique, la civilisation de l’Atlantide fut la civilisation minoenne — elle aussi
brillante, elle aussi rivale d’Athènes. Et que le cataclysme qui
l’anéantit, au xve siècle avant Jésus-Christ, fut la plus
formidable explosion volcanique de l’Histoire, celle du volcan
de Santorin (ou Théra), qui ravagea la Méditerranée orientale
et engendra une vague de raz de marée (un tsunami) de près
de cent mètres de hauteur...
«Je ne sais si cette théorie a plus de corps qu’une autre,
conclut Cousteau. Mais nous avons deux moyens de tenter de
la vérifier : trouver au fond des eaux crétoises des preuves du
raz de marée ; et chercher sur Santorin des indices d’existence
de la civilisation minoenne. »
Les défis du Pacha sont beaux : c’est pourquoi j’aime cet
homme !
La première série de preuves qu’il demande, nous ne la
découvrons pas à Dhia, mais à Psira.
C’est un autre îlot du nord de la Crète. Nous y ancrons la
Calypso. Grâce à notre hélicoptère, nous prenons des centaines
de photographies aériennes de la côte. Nous les développons et
nous les assemblons en mosaïque. Nous les examinons à la
loupe. Il y a une anomalie. Dans une des baies de Psira
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