L'ÉNIGME DE L'ATLANTIDE
sédiment et observe. Bon sang, mais c’est bien sûr : il s’agit
d’un crâne!...
Un crâne... En voici d’autres — par dizaines; avec des
fémurs, des tibias, des vertèbres : un ossuaire... Il est rare
qu’on découvre des restes humains dans les épaves : attaqués
par l’eau salée, les os sont rongés par les animaux fouisseurs,
puis décomposés par les bactéries. Ici, une boue épaisse et sans
oxygène les a protégés.
La Thérèse devient, pour nous, 1’ « épave aux Crânes ». En
plongée, devant ces squelettes épars, je médite sur la précarité
du destin des hommes. Ce vaisseau-là aussi avait embarqué
des marins à Toulon ou à Marseille; l’un de mes arrièregrands-oncles, peut-être... Folie des affrontements guerriers!...
La Thérèse explosa à cause de la maladresse d’un canonnier,
qui mit le feu à la soute aux poudres. Je découvre des preuves
de la violence de la déflagration : par exemple, une brique du
fourneau de cuisine plantée comme un clou dans une poutre de
chêne...
Outre des squelettes et des objets familiers, nous remontons
un gros canon en bronze, que l’équipe passe des journées à
décaper, à briquer, à polir. Les armoiries gravées sur le fut
sont celles du roi Charles IX; elles montrent des lions
rugissants et portent la date de 1565.
La Thérèse fouillée, nous accomplissons le court voyage qui
mène du port d’Héraklion à l’îlot de Dhia, situé à quelques
milles au nord de la cité. Le Pacha raisonne en marin : il
suppose que les Anciens utilisaient l’abri de cette terre poui
préparer leurs débarquements en Crète, lorsque soufflait le
redoutable vent du nord, Borée, que les modernes baptisent
Meltem... Nous débarquons une petite équipe, dirigée par
Bernard Delemotte, dans la baie Saint-Georges. Bernard et ses
amis établissent un campement à terre et passent leurs
journées à explorer le fond. Je les aide en soucoupe. Nous ne
tardons pas à localiser de véritables cascades d’amphores. Ici,
les épaves sont si nombreuses que nous les numérotons . I, II,
307
sédiment et observe. Bon sang, mais c’est bien sûr : il s’agit
d’un crâne!...
Un crâne... En voici d’autres — par dizaines; avec des
fémurs, des tibias, des vertèbres : un ossuaire... Il est rare
qu’on découvre des restes humains dans les épaves : attaqués
par l’eau salée, les os sont rongés par les animaux fouisseurs,
puis décomposés par les bactéries. Ici, une boue épaisse et sans
oxygène les a protégés.
La Thérèse devient, pour nous, 1’ « épave aux Crânes ». En
plongée, devant ces squelettes épars, je médite sur la précarité
du destin des hommes. Ce vaisseau-là aussi avait embarqué
des marins à Toulon ou à Marseille; l’un de mes arrièregrands-oncles, peut-être... Folie des affrontements guerriers!...
La Thérèse explosa à cause de la maladresse d’un canonnier,
qui mit le feu à la soute aux poudres. Je découvre des preuves
de la violence de la déflagration : par exemple, une brique du
fourneau de cuisine plantée comme un clou dans une poutre de
chêne...
Outre des squelettes et des objets familiers, nous remontons
un gros canon en bronze, que l’équipe passe des journées à
décaper, à briquer, à polir. Les armoiries gravées sur le fut
sont celles du roi Charles IX; elles montrent des lions
rugissants et portent la date de 1565.
La Thérèse fouillée, nous accomplissons le court voyage qui
mène du port d’Héraklion à l’îlot de Dhia, situé à quelques
milles au nord de la cité. Le Pacha raisonne en marin : il
suppose que les Anciens utilisaient l’abri de cette terre poui
préparer leurs débarquements en Crète, lorsque soufflait le
redoutable vent du nord, Borée, que les modernes baptisent
Meltem... Nous débarquons une petite équipe, dirigée par
Bernard Delemotte, dans la baie Saint-Georges. Bernard et ses
amis établissent un campement à terre et passent leurs
journées à explorer le fond. Je les aide en soucoupe. Nous ne
tardons pas à localiser de véritables cascades d’amphores. Ici,
les épaves sont si nombreuses que nous les numérotons . I, II,
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