LE QUADRILLE DES LANGOUSTES
aux pays pauvres, dont les ressources marines sont mises en
coupe réglée par les riches.
Un sous-marin d’amateur, ou une soucoupe plongeante du
Tiers Monde, comme on voudra...
En septembre 1974, coup de téléphone du Pacha. « Falco,
tenez-vous prêt !» Je boucle mes valises : je connais le
bonhomme. L’après-midi même, un second coup de téléphone,
donné par Lise Coenca, la secrétaire du commandant, m’apprend que mon billet d’avion m’attend à Paris. Direction : le
Texas. Je voyage en compagnie de notre nouveau capitaine :
Camille Alibert. La Calypso est comme neuve : elle a été révisée
de la quille au radar aux chantiers navals Todd, à Galveston.
Nous levons l’ancre pour un voyage en mer Caraïbe.
La première escale est au large de la péninsule mexicaine du
Tucatan et du cap Catoche, à l’île Mujeres (l’île des Femmes).
Nous voulons étudier un aspect de la biologie des requins. Ces
animaux, perpétuels rôdeurs de l’océan, sont munis de branchies, comme tous les poissons. Certains scientifiques prétendent que, s’ils cessent de nager, la quantité d’eau qui passe sur
ces lames respiratoires ne suffit plus à combler leurs besoins en
oxygène. La question est celle-ci : les squales doivent-ils
avancer sans cesse pour ne pas mourir asphyxiés ?
Je plonge en compagnie de Raymond Coll et de Bernard
Delemotte. Nous explorons systématiquement les côtes de l’île
Mujeres. Nous localisons une falaise sous-marine calcaire,
toute creusée de grottes et de fissures que nous visitons une par
une. Dans un de ces refuges, nous trouvons, serrés flanc contre
flanc, un gros mérou et un requin-nourrice. Dans un autre, un
barracuda. Dans un autre encore, un squale dont une ligne de
pêche dépasse de la bouche : il doit avoir la mâchoire
profondément blessée par l’hameçon; qui dira la souffrance
des poissons dont le fil casse, et qui vont crever lentement dans
leur tanière ?
Nous pénétrons dans la grotte suivante. C’est l’appartement
d’un énorme requin-nourrice. L’animal, qu’on appelle aussi
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aux pays pauvres, dont les ressources marines sont mises en
coupe réglée par les riches.
Un sous-marin d’amateur, ou une soucoupe plongeante du
Tiers Monde, comme on voudra...
En septembre 1974, coup de téléphone du Pacha. « Falco,
tenez-vous prêt !» Je boucle mes valises : je connais le
bonhomme. L’après-midi même, un second coup de téléphone,
donné par Lise Coenca, la secrétaire du commandant, m’apprend que mon billet d’avion m’attend à Paris. Direction : le
Texas. Je voyage en compagnie de notre nouveau capitaine :
Camille Alibert. La Calypso est comme neuve : elle a été révisée
de la quille au radar aux chantiers navals Todd, à Galveston.
Nous levons l’ancre pour un voyage en mer Caraïbe.
La première escale est au large de la péninsule mexicaine du
Tucatan et du cap Catoche, à l’île Mujeres (l’île des Femmes).
Nous voulons étudier un aspect de la biologie des requins. Ces
animaux, perpétuels rôdeurs de l’océan, sont munis de branchies, comme tous les poissons. Certains scientifiques prétendent que, s’ils cessent de nager, la quantité d’eau qui passe sur
ces lames respiratoires ne suffit plus à combler leurs besoins en
oxygène. La question est celle-ci : les squales doivent-ils
avancer sans cesse pour ne pas mourir asphyxiés ?
Je plonge en compagnie de Raymond Coll et de Bernard
Delemotte. Nous explorons systématiquement les côtes de l’île
Mujeres. Nous localisons une falaise sous-marine calcaire,
toute creusée de grottes et de fissures que nous visitons une par
une. Dans un de ces refuges, nous trouvons, serrés flanc contre
flanc, un gros mérou et un requin-nourrice. Dans un autre, un
barracuda. Dans un autre encore, un squale dont une ligne de
pêche dépasse de la bouche : il doit avoir la mâchoire
profondément blessée par l’hameçon; qui dira la souffrance
des poissons dont le fil casse, et qui vont crever lentement dans
leur tanière ?
Nous pénétrons dans la grotte suivante. C’est l’appartement
d’un énorme requin-nourrice. L’animal, qu’on appelle aussi
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