LE GRAND CONTINENT BLANC
humaine? Dans ce dernier cas, comprend-elle que tous les
hommes ne cherchent pas à lui percer la poitrine avec un
harpon ?
Je l’espère...
Certains jours, quand le vent soulève les vagues sur la mer,
les baleines franches de Valdés semblent prises de folie. Elles
sautent. Elles prennent leur élan, décollent et retombent sur le
côté dans des éclaboussements énormes.
Un après-midi, nous assistons à un acte d’amour. Quatre
baleines (trois mâles, une femelle) nagent ensemble en surface,
en soulevant beaucoup d’écume. Nous nous demandons quelle
est la raison de ce remue-ménage. Nous approchons en Zodiac.
Le quatuor de Léviathans s’enfonce sous la surface.
Philippe Cousteau empoigne une caméra et les suit. Il nous
raconte la scène quand il remonte : c’est le plus beau spectacle
qu’il lui ait été donné de voir.
« Les animaux, dit-il, se caressent, se touchent et forment
une sorte d’énorme fleur. Les mâles ne se battent pas,
contrairement à ce qui se passe chez la majorité des espèces.
L’un des mâles, simplement, réussit à insinuer son pénis rose,
long de trois mètres, dans le vagin palpitant de la femelle.
L’étreinte dure quelques secondes; mais c’est l’accomplissement d’un mystère du monde... »
Nous quittons à regret la péninsule Valdés. Michel Deloire,
notre chef opérateur, voudrait passer des mois en compagnie
des géants.
Nous mettons le cap au sud. Escale à la pointe Trombo : sur
ces plages, des centaines d’éléphants de mer se prélassent. Ce
sont les cousins méridionaux des éléphants de mer du Nord
que nous avons rencontrés sur l’île mexicaine de Guadalupe.
Les mâles dominants (les pachas), le nez prolongé par une
trompe boudinée, hurlent en rassemblant leurs femelles récalcitrantes. Mais l’essentiel des naissances et des accouplements
a déjà eu lieu : les reproducteurs, fatigués, sont de plus en plus
coulants sur la discipline. Des mâles de rang inferieur profitent
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humaine? Dans ce dernier cas, comprend-elle que tous les
hommes ne cherchent pas à lui percer la poitrine avec un
harpon ?
Je l’espère...
Certains jours, quand le vent soulève les vagues sur la mer,
les baleines franches de Valdés semblent prises de folie. Elles
sautent. Elles prennent leur élan, décollent et retombent sur le
côté dans des éclaboussements énormes.
Un après-midi, nous assistons à un acte d’amour. Quatre
baleines (trois mâles, une femelle) nagent ensemble en surface,
en soulevant beaucoup d’écume. Nous nous demandons quelle
est la raison de ce remue-ménage. Nous approchons en Zodiac.
Le quatuor de Léviathans s’enfonce sous la surface.
Philippe Cousteau empoigne une caméra et les suit. Il nous
raconte la scène quand il remonte : c’est le plus beau spectacle
qu’il lui ait été donné de voir.
« Les animaux, dit-il, se caressent, se touchent et forment
une sorte d’énorme fleur. Les mâles ne se battent pas,
contrairement à ce qui se passe chez la majorité des espèces.
L’un des mâles, simplement, réussit à insinuer son pénis rose,
long de trois mètres, dans le vagin palpitant de la femelle.
L’étreinte dure quelques secondes; mais c’est l’accomplissement d’un mystère du monde... »
Nous quittons à regret la péninsule Valdés. Michel Deloire,
notre chef opérateur, voudrait passer des mois en compagnie
des géants.
Nous mettons le cap au sud. Escale à la pointe Trombo : sur
ces plages, des centaines d’éléphants de mer se prélassent. Ce
sont les cousins méridionaux des éléphants de mer du Nord
que nous avons rencontrés sur l’île mexicaine de Guadalupe.
Les mâles dominants (les pachas), le nez prolongé par une
trompe boudinée, hurlent en rassemblant leurs femelles récalcitrantes. Mais l’essentiel des naissances et des accouplements
a déjà eu lieu : les reproducteurs, fatigués, sont de plus en plus
coulants sur la discipline. Des mâles de rang inferieur profitent
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