LES FOUS DU CORAIL
leurs réserves d’air, et sont morts avant de retrouver la sortie...
Nous avons, bien sûr, accroché à l’entrée une corde que nous
déroulons, et qui nous sert de fil d’Ariane. Nous gagnons
l’intérieur de la roche calcaire. Nos lampes font naître autour
de nous des fantômes.
Et voici la preuve : une salle immense, décorée de stalactites
et de stalagmites... C’est la démonstration que ces grottes,
aujourd’hui englouties, se sont constituées hors de la mer, à
une époque où le récif était soumis à l’érosion des eaux douces
d’infiltration — seules susceptibles de déposer du calcaire en
cristaux... Nous passons des heures d’émotion et de plaisir à
contempler ces merveilles minérales.
Nous restons plusieurs jours sur le site. Je plonge en
« puce «jusqu’à cent trente mètres. Je touche la partie la plus
profonde du trou bleu, que certaines légendes disent « sans
fond ». A cet endroit, le plancher de la mer est encombré par
un cône d’éboulis : ce sont les roches du plafond de l’aven,
effondré voici quelques milliers d’années...
Mission accomplie... La Calypso vogue vers les îles Bahamas.
Nous explorons quelques beaux récifs des sept cents îles de
l’archipel. Nous saluons des dauphins et des orques, des
tortues et des raies mantes. Nous sommes subjugués par la
beauté de ces fonds où, dans des décors de coraux cornes-decerf et de coraux cerveaux-de-Neptune, de gorgones jaunes et
de gorgones violettes, passent de délicats nudibranches, des
porcelaines tachetées, des crevettes nettoyeuses et des légions
de poissons multicolores : poissons-anges reines bleu et jaune,
poissons-anges français de velours noir à pois d’or, poissonsdemoiselles bleus, poissons-perroquets verts, poissons-écureuils rouge vif...
Et la Calypso fait route vers l’Europe... Après un détour par
Miami, nous doublons les Açores et nous touchons Monaco le
15 septembre 1970. Nous venons, en trois ans, de boucler un
périple de plus de cinquante mille milles !
La fin de l’année 1970 se passe, pour la plupart des
équipiers, en vacances... Mais pas pour une petite troupe, dont
273
leurs réserves d’air, et sont morts avant de retrouver la sortie...
Nous avons, bien sûr, accroché à l’entrée une corde que nous
déroulons, et qui nous sert de fil d’Ariane. Nous gagnons
l’intérieur de la roche calcaire. Nos lampes font naître autour
de nous des fantômes.
Et voici la preuve : une salle immense, décorée de stalactites
et de stalagmites... C’est la démonstration que ces grottes,
aujourd’hui englouties, se sont constituées hors de la mer, à
une époque où le récif était soumis à l’érosion des eaux douces
d’infiltration — seules susceptibles de déposer du calcaire en
cristaux... Nous passons des heures d’émotion et de plaisir à
contempler ces merveilles minérales.
Nous restons plusieurs jours sur le site. Je plonge en
« puce «jusqu’à cent trente mètres. Je touche la partie la plus
profonde du trou bleu, que certaines légendes disent « sans
fond ». A cet endroit, le plancher de la mer est encombré par
un cône d’éboulis : ce sont les roches du plafond de l’aven,
effondré voici quelques milliers d’années...
Mission accomplie... La Calypso vogue vers les îles Bahamas.
Nous explorons quelques beaux récifs des sept cents îles de
l’archipel. Nous saluons des dauphins et des orques, des
tortues et des raies mantes. Nous sommes subjugués par la
beauté de ces fonds où, dans des décors de coraux cornes-decerf et de coraux cerveaux-de-Neptune, de gorgones jaunes et
de gorgones violettes, passent de délicats nudibranches, des
porcelaines tachetées, des crevettes nettoyeuses et des légions
de poissons multicolores : poissons-anges reines bleu et jaune,
poissons-anges français de velours noir à pois d’or, poissonsdemoiselles bleus, poissons-perroquets verts, poissons-écureuils rouge vif...
Et la Calypso fait route vers l’Europe... Après un détour par
Miami, nous doublons les Açores et nous touchons Monaco le
15 septembre 1970. Nous venons, en trois ans, de boucler un
périple de plus de cinquante mille milles !
La fin de l’année 1970 se passe, pour la plupart des
équipiers, en vacances... Mais pas pour une petite troupe, dont
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